Si vous êtes très confiants en vos capacités à détecter les fausses nouvelles… vous êtes plus à risque de tomber dans le piège d’une fausse nouvelle !

Pas moins de 90% des participants à une étude américaine ont indiqué qu’ils se jugeaient « au-dessus de la moyenne » quant à leur aptitude à détecter les fausses nouvelles. La recherche, menée auprès de 8200 adultes, portait sur leurs perceptions d’eux-mêmes et des autres, mais aussi sur leur capacité à distinguer vraies et fausses nouvelles publiées sur Facebook dans le contexte des élections américaines de mi-mandat, à l’automne 2018.

Les plus mauvais juges d’eux-mêmes s’étaient attribués un rang percentile de 50 points supérieur à leur vraie note: et ce groupe représentait tout de même un participant sur cinq.

Les chercheurs n’ont pas manqué de faire un parallèle avec un concept souvent utilisé par les psychologues, l’effet Dunning-Kruger: c’est ce concept selon lequel plus une personne ignore un sujet, plus elle est confiante en sa maîtrise du sujet. « Les individus qui sont les moins bien équipés pour identifier les contenus de fausses nouvelles, écrivent les chercheurs, sont aussi les moins conscients de leurs limites. »

Ainsi, les participants les plus confiants étaient non seulement ceux qui avaient le plus de mal à distinguer les vraies affirmations des fausses, mais aussi ceux qui étaient les plus enclins (selon leurs propres dires) à partager des faux contenus. Surtout lorsqu’ils correspondaient à leurs « affinités politiques », écrivent les chercheurs. L’étude est parue le 31 mai dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences.

Une piste de solution? Un peu d’humilité, suggère l’auteur principal, Ben Lyons, de l’Université de l’Utah, interrogé dans The Guardian. Ceux qui tendent à s’auto-discipliner, à « réfléchir à leurs comportements et à soupeser les sites qu’ils visitent et le contenu qu’ils partagent, sont probablement moins vulnérables à la désinformation ».