La planète fait face à un Omicron de Noël, mais s’y prépare peu. Qu’ils le veuillent ou non, les gens qui partiront en congé verront défiler en parallèle des nouvelles sur une inévitable montée des cas, en croisant les doigts pour qu’elles ne soient pas accompagnées d’une montée des hospitalisations.

Le Danemark et la Norvège ont été les premiers à tirer la sonnette d’alarme lundi: les autorités de la santé ont publié des projections inquiétantes d’une nouvelle vague qui sera dominée par ce nouveau variant, et ce dès cette semaine. Ce sont également ces deux pays qui ont été les premiers à détecter une éclosion d’Omicron en-dehors de l’Afrique du Sud, dans les premiers jours de décembre. Comme l’écrivait le quotidien britannique Financial Times mardi, les chiffres de ces deux pays envoient au reste de l'Europe un avant-goût de ce qui les attend peut-être pendant les Fêtes: le nombre de cas quotidiens au Danemark, en atteignant les 7800 lundi (dont plus de 3400 d’Omicron), a battu un record pour ce pays depuis le début de la pandémie. Ces deux pays ont resserré leurs mesures sanitaires la semaine dernière.

Tout comme l’Angleterre l’a fait en fin de semaine, alors qu’elle entre elle aussi dans une phase de hausse inquiétante des cas, ayant même dû annoncer lundi le premier décès officiellement attribuable, dans le monde, au nouveau variant. Omicron représentera dans ce pays la majorité des cas d’ici Noël —et probablement dès cette semaine à Londres. En Grande-Bretagne, tout comme au Danemark, le nombre de cas pour la journée de mardi avait atteint son plus haut niveau de toute la pandémie. Outre-Atlantique, même l’Ontario a fait cette prévision lundi: le variant Omicron sera dominant avant la fin de la semaine. Le surlendemain, 15 décembre, c'était au tour du Québec, ou plus exactement de la ville de Montréal, de tirer la sonnette d'alarme; le nombre de cas avait doublé dans la métropole en 24 heures —bien qu'on ne puisse confirmer quel pourcentage était dû à Omicron— et la directrice de la santé publique invitait les Montréalais à éviter les rassemblements avant Noël. 

Certes, la grande majorité des cas semblent toujours être des cas bénins. Et si l’efficacité exacte des vaccins ne sera probablement pas connue avant la nouvelle année, une toute première étude venue d’Afrique du Sud, parue mardi, parle d’une baisse d’efficacité du vaccin de Pfizer face à Omicron, mais d’un taux d’hospitalisation moins élevé que lors des vagues précédentes. Cela pourrait confirmer l’intuition des experts, voulant que le vaccin protégerait en partie contre les cas graves (à 70%, selon l’étude), c'est-à-dire les cas qui conduisent à des hospitalisations.

Mais même si le pourcentage de cas graves devait s’avérer moins élevé qu’avec le variant Delta, une sur-multiplication des cas pourrait malgré tout se traduire par davantage de gens à l’hôpital: pour l’instant, personne n’est en mesure de faire cette estimation. C’est probablement pendant le temps des Fêtes qu’on va le savoir, un moment de l’année où les hôpitaux sont souvent mal préparés à recevoir un afflux de nouveaux patients. L’Organisation mondiale de la santé a publié mardi un avertissement comme quoi Omicron se répand à un rythme plus rapide que les variants précédents, et déconseille de prendre pour acquis qu’il est « bénin ». « Nous avons appris le risque de sous-estimer ce virus », a déclaré le directeur général de l’OMS. « Même si Omicron cause des symptômes moins sévères, le nombre absolu de cas pourrait une fois encore submerger des systèmes de santé mal préparés. »

 

Texte mis à jour le 15 décembre avec l'ajout de Montréal et du nombre record de cas britanniques.