La place des femmes dans la recherche est un enjeu, aujourd’hui encore. Mais on partait de très loin, il y a quatre décennies.

Ce texte fait partie d’un coup de chapeau au 40e anniversaire
du magazine Les Débrouillards —né à l’Agence Science-Presse en 1982 !

 

Dans un article de l’Agence Science-Presse publié en 1985, les femmes se réjouissaient de voir leur nombre grandir parmi les professeurs d’université. Il était passé en 15 ans de… 1,3% à 4,5%.

Quant aux étudiantes, elles représentaient 30 % des diplômées en 1975, comparativement à 5 % en 1960.

Hebdo-Science 1985 - Femmes et recherche

La situation a heureusement continué de s’améliorer, mais il reste du chemin à faire. Certes, en 2016, 57 % des diplômés à l’université étaient des femmes, rapporte le Conseil du statut de la femme. Toutefois, soulignait de son côté le chercheur Vincent Larivière en 2018, au niveau de l’emploi, elles ne représentent encore qu’un chercheur sur trois —et ce, bien que la moitié des diplômées en science et en médecine depuis 1990 soient des femmes.

En 2021, nous pouvions encore écrire que la conciliation travail-famille —un concept pour ainsi dire inconnu au début des années 1980— continuait de désavantager les femmes en recherche. En 2019, que leur faible place dans l’écriture des recherches influençait les résultats. En 2016, que le tabou du harcèlement sexuel était enfin en train d’être levé. En 2014, que les préjugés sur les aptitudes des femmes avaient la vie dure.

Davantage de femmes en recherche signifie en tout cas davantage d’attention apportée à sujets qui, autrement, seraient passés sous le radar: un aspect que soulignait déjà l’article de 1985, en donnant en exemple les menstruations ou la grossesse. En fait, encore aujourd’hui, certains problèmes de santé qui touchent de plus près les femmes restent peu étudiées, remarquait l’an dernier une chercheuse de la Nouvelle-Zélande; de la même façon que les maladies cardiaques sont encore trop souvent considérées, à tort, comme un problème d’hommes; ce qui peut avoir des conséquences négatives pour la santé des femmes et pour celle de la population en général.

Petit logo du 40e des Debs