Une bonne nouvelle sur le front du méthane: lorsque le sol censé être gelé en permanence finit par dégeler, il semblerait qu’il libère moins de méthane que prévu.

C’est ce qui ressort d’une étude menée dans le nord de la Suède où, comme ailleurs dans les régions arctiques, de larges portions de sol jusqu’ici gelées à l’année —ce qu’on appelle le pergélisol— subissent les assauts de températures anormalement élevées. Les chercheurs évaluent les « fuites » de méthane à environ 10% de ce qui avait été prédit.

Pour les fins de leur étude, les chercheurs suédois, danois et français se sont toutefois limités à une bande de terrain qui avait dégelé dans les années 1980, et à une seconde qui avait dégelé 10 à 15 ans plus tard. Les émissions de la première étaient moindres que celles de la deuxième parce qu’entretemps, la glace ayant eu le temps de fondre sous la surface, l’eau en surface avait elle aussi eu le temps de s’infiltrer dans le sol. Et le sol facilitait du coup la croissance des plantes, qui aidaient à garder une partie du méthane. C’est de cette première bande de terre dégelée que vient l’estimation comme quoi, une fois que le sol a eu le temps de s’adapter au changement, les émissions seraient 10 fois moins importantes que prévu.

Il faut rappeler que ces sols gelés emprisonnent quantité de matière organique. Toute matière organique contient du carbone. En dégelant, le sol fournit aux microbes un immense garde-manger, et ces microbes libèrent du coup de grandes quantités de dioxyde de carbone (CO2) et de méthane (CH4), deux puissants gaz à effet de serre.

Au-delà de ce portrait général, on ne sait toutefois pas grand-chose de la vitesse à laquelle ce cycle se produit et de la quantité totale de gaz à effet de serre libérée que cela représentera par kilomètre carré. Les auteurs de la nouvelle recherche apportent donc une pièce du casse-tête. Tout en convenant que le portrait global sera plus complexe que ce que révèlent leurs deux « photographies » préliminaires: entre autres, des pluies trop abondantes nuiraient au drainage du sol et donc, à la croissance des plantes. Mais pour l’instant, les chiffres sont encourageants.