L’armée déployée dans la région de Montréal pour faire respecter les règles sanitaires. Des médecins italiens au chevet de malades atteints de la COVID-19 meurent dans un hôpital. De faux sacs mortuaires sont utilisés pour faire croire que le virus SRAS-CoV-2 est mortel.

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Par Marie-Eve Shaffer

imCes photos et vidéos liées à la pandémie de COVID-19 ont abondamment circulé sur le Web et dans les médias sociaux. Or, elles ont été prises au cours d’événements passés et n’ont rien à voir avec les pseudo-nouvelles qui les accompagnent.

Comment éviter de partager des images trompeuses? Voici des trucs pour vérifier leur authenticité.

« On ne veut pas le savoir, on veut le voir ! » disait l’humoriste Yvon Deschamps dans les années 1970. Aujourd’hui, c’est plus vrai que jamais. L’univers virtuel regorge de photos et de vidéos. Et pour cause : elles suscitent davantage de clics.

Aussi, soyez sur vos gardes quand vous tombez sur une image qui sort de l’ordinaire, surtout si elle est accompagnée d’explications choquantes qui ne sont pas reprises par des médias fiables.

En effet, comme pour toute information qui fait appel aux émotions fortes, il est judicieux de faire d’abord une recherche du côté des rubriques de vérifications de faits pour voir si l’information a déjà été vérifiée par un journaliste. Qui sait? Votre image douteuse a peut-être déjà été repérée.

Dans le cas contraire, vous pouvez….

  1. Examiner l’image attentivement

    Prenez une minute pour bien l’examiner. Vérifiez s’il n’y a pas un problème dans les proportions, une ombre douteuse ou une incongruité. La météo du jour correspond-elle à la saison pendant laquelle la photo ou la vidéo a supposément été prise ? Les protagonistes portent-ils des vêtements appropriés pour ce temps de l’année ?

  2. Chercher des détails concernant l’image

    Essayez d’en apprendre plus sur les circonstances entourant l’origine de ce visuel suspect. Y a-t-il un crédit indiquant qui était le photographe ou le vidéaste ? Cette personne travaille-t-elle pour un média ou une agence de presse connue ou ce visuel a-t-il été pris par un citoyen qui l’a envoyé à un média qui l’a vérifié ? Dans un site Internet de confiance, on explique où et quand les visuels ont été produits et on indique si on les a vérifiés.  Si ces informations ne s’y trouvent pas, méfiez-vous.

    Prenez le temps de lire les commentaires sous la photo ou la vidéo. Peut-être qu’un internaute y a partagé des informations intéressantes. L’auteur peut aussi s’être manifesté.

    Enfin, le site Internet ou le compte de médias sociaux qui relaie l’image doit aussi être pris en compte. Veut-il vous informer ou tente-t-il plutôt de vous influencer ? Jetez un œil sur le contenu qu’il a l’habitude de publier pour en avoir le cœur net.

  3. Faire une recherche inversée

    L’une des tactiques courantes est de donner à des images existantes un tout autre contexte. Aussi, pour vérifier si l’image a déjà été publiée par le passé, faites une recherche inversée avec un outil comme Google Images, Tineye ou même la plateforme Citizen Evidence Lab d’Amnistie internationale, conçu spécialement pour les vidéos. Les résultats démontreront si le visuel douteux a été publié antérieurement dans un autre contexte.

    La façon la plus simple de procéder est de glisser l’image suspecte à partir d’une fenêtre d’un navigateur vers une autre dans laquelle Google Images ou Tineye est ouvert. Il est aussi possible de faire une recherche à partir de l’adresse URL de la photo ou de la vidéo. Pour la trouver, il suffit d’appuyer sur le bouton de droite de la souris et de sélectionner « Copier l’adresse de l’image ».

    Il est à noter que ces outils ne retrouvent pas toutes les occurrences. Et si l’image a été modifiée, la recherche risque d’être laborieuse.