Au Québec, la loi 52 sur les soins de fin de vie entre en vigueur en décembre. Les malades avec des douleurs intolérables qui veulent mettre fin à leurs jours pourront donc obtenir l'aide d'un médecin. Du moins, en théorie, car cette décision ne fait toujours pas l’unanimité, en commençant par les médecins eux-mêmes.

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Comme nous le rappelons à l’émission cette semaine, cette loi fait suite à la longue Commission québécoise «Mourir dans la dignité», consultation générale sur les conditions de fin de vie, les soins palliatifs et l’euthanasie, qui avait duré près de 5 ans.

La Cour Suprême du Canada a invalidé, en février dernier, les articles du Code criminel qui interdisent l’aide médicale à mourir. Il est donc devenu inconstitutionnel d'interdire à quiconque d’aider à mourir une personne consentante –ce qu’on peut appeler aussi le suicide assisté. La Cour Suprême a donné un an au gouvernement fédéral pour adopter une loi en conséquence.

Mais en attendant, plus récemment, 29 maisons de soins palliatifs du Québec se sont prévalues de la possibilité de retrait prévue dans la loi, tout comme le Centre hospitalier de l'Université de Montréal.

Une militante du droit à mourir, Donna Delorme de Calgary, s'est enlevé la vie en septembre dernier. Elle souffrait depuis 18 ans de sclérose en plaques. Elle déplorait la lenteur du gouvernement fédéral à respecter ce jugement de la Cour suprême.

Rappelons que les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, la Suisse et, aux États-Unis, l’Oregon, Washington, le Montana, le Vermont et la Californie, ont légalisé l’aide médicale à mourir.

Comment vont s’arrimer Ottawa et Québec ? Comment s’adapteront les médecins? Comment respecter l'autonomie de la personne tout en prévenant les possibles dérives? Comment poser le bon geste et pour qui?

On en parle avec:

  • Benoît Pelletier, professeur de droit à l'Université d'Ottawa et membre du Comité externe qui se penche sur les réponses fédérales à l’aide médicale à mourir.
  • Michèle Marchand. A été médecin de famille à Montréal durant 20 ans avant de quitter la pratique médicale et compléter une formation en philosophie à l’Université du Québec à Montréal. Elle a été ces dernières années la secrétaire du groupe de travail en éthique clinique du Collège des médecins du Québec et également la conseillère en éthique de cette institution.

 

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Je vote pour la science est diffusée le lundi à 13h30, sur les cinq stations régionales de Radio VM. Elle est animée par Isabelle Burgun. Recherche: Naïma Hassert. Vous pouvez également nous écouter le mardi à 11h à Radio Centre-Ville (102,3 FM Montréal) et vous abonner sur iTunes.

Vous trouverez sur cette page des liens vers les émissions des saisons précédentes. Pour en savoir plus sur l'initiative Je vote pour la science, rendez-vous ici. Vous pouvez également nous suivre sur Twitter et sur Facebook.