La science est-elle encore sexiste ? Récemment, deux chercheuses —dont une Québécoise— se sont interrogées sur la rigueur scientifique de bon nombre de leurs collègues… et le fait qu’une minorité seulement de recherches médicales tiennent compte du sexe et du genre dans l’analyse de leurs résultats.

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Étonnamment, il n’y a pas si longtemps que la recherche en santé humaine s’intéresse aux femmes —les recherches ont, pendant longtemps, majoritairement privilégié les hommes, avec pour résultat que les effets des médicaments ne conviennent pas toujours aux femmes. Plus encore, les femmes enceintes qui tombent malades ne sont pas convenablement soignées car lorsqu’elles attendent un enfant, elles sont généralement écartées des études.

La publication d’un guide des normes sur le sexe et le genre en recherche ( SAGER guidelines ) pourrait changer cela en donnant une ligne directrice aux éditeurs de revues scientifiques mais également aux scientifiques pour les inciter à plus d’équité.

Une lettre ouverte signée par Janine Austin Clayton et Cara Tannenbaum, « Rapporter le sexe, le genre ou les deux en recherche clinique », vient d’être publiée dans le Journal de l’Association médicale américaine (JAMA). Elle souligne l’importance de donner une plus grande place aux femmes pour faire avancer la science.

“Ça me gêne de le dire, mais la science est un peu en retard quand il s’agit d’évaluer les différences entre les hommes et les femmes”, nous explique Cara Tannenbaum. Elle ajoute que pendant un long moment, on n’incluait même pas les femelles dans les études animales, de crainte que les variations de leur métabolisme ne biaisent les résultats. Mme Tannenbaum nous présente aussi quelques exemples d'études où il serait essentiel de présenter séparément les résultats des femmes et des hommes.

Une telle réflexion ne peut faire abstraction de la présence des femmes en recherche médicale. Pourquoi leur présence diminue-t-elle après les études, même là où elles étaient majoritaires ?

Que faire pour remédier à cette situation ?

En complément, Pascal Lapointe nous parle d’une autre lettre ouverte, qui se veut en fait le point de départ d’une action action contre la discrimination envers les femmes, contre le sexisme et même contre l’anti-intellectualisme.

L’invitée d’Isabelle Burgun

 

  • Cara Tannenbaum, professeure à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal et directrice scientifique de l’Institut de la santé des femmes et des hommes (des Instituts de recherche en santé du Canada). Co-signataire de cette lettre ouverte.

 

Écoutez l’émission en cliquant sur le lien ci-contre (à gauche) ou en vous abonnant sur iTunes.

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Je vote pour la science est diffusée le lundi à 13h, sur les cinq stations régionales de Radio VM. Elle est animée par Isabelle Burgun. Vous pouvez également nous écouter le mardi à 11h à Radio Centre-Ville (102,3 FM Montréal), sur ChOQ-FM (Toronto) CIBO-FM (Senneterre), CJMD (Lévis) et vous abonner sur iTunes.

Vous trouverez sur cette page des liens vers les émissions des saisons précédentes. Pour en savoir plus sur l'initiative Je vote pour la science, rendez-vous ici. Vous pouvez également nous suivre sur Twitter et sur Facebook.