Énergie Saguenay, ce projet de construction d’une usine de liquéfaction de gaz naturel au Saguenay, n’a pas fini de faire parler de lui. Son promoteur, GNL Québec, affirme que son usine pourrait être carboneutre et contribuer à la lutte aux changements climatiques. Est-ce possible de le démontrer?

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Rappelons le projet : cette usine ouvrirait ses portes en 2025. Elle serait alimentée par un pipeline qui traverserait le nord de l’Ontario et l’Abitibi-Témiscamingue pour acheminer le gaz naturel de l’ouest du pays jusqu’à l’usine. Ce gaz pourrait ensuite être exporté, vers l’Europe ou ailleurs, par bateau.

L’argument central de GNL Québec est que le projet vise à soutenir les efforts de lutte aux changements climatiques ailleurs dans le monde, en offrant une énergie de transition. Selon eux, cela permettrait de réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) de 28 millions de tonnes par année. 

À l’inverse, l’analyse produite par le CIRAIG (Centre international de référence sur le cycle de vie) pour GNL Québec démontre plutôt que les émissions liées à Énergie Saguenay au Canada avoisineraient les 8 millions de tonnes de GES par année, en raison de l’exploitation du gaz naturel en Alberta, principalement par fracturation: l’équivalent de 3,4 millions de voitures sur les routes. Loin de la carboneutralité?

Quelles sont les répercussions environnementales d’un projet de cette envergure? Comment la population locale accueille-t-elle ce projet? Isabelle Burgun en parle avec: 

  • Jean-Thomas Bernard, professeur invité à l’Université d’Ottawa et spécialiste de l’analyse des marchés de l’énergie. 
  • Adrien Guibert-Barthez, porte-parole de la Coalition Fjord, un mouvement citoyen qui veut défendre le Fjord-du-Saguenay contre les nombreux projets de développements industriels à l’étude. Elle a déposé l’an dernier une pétition contre le projet de GNL.

Que représentent ces 28 millions de tonnes ? Ce calcul suppose que le gaz pourrait remplacer du charbon. Mais pourrait-il aussi remplacer du solaire ou de l’éolien? La construction du projet, est-elle prise en compte dans ces calculs ? Pour neutraliser l’ensemble des émissions produites au pays en lien avec le projet, combien  de dizaines de millions de dollars faudrait-il investir chaque année ? Combien de millions d’arbres faudrait-il planter?

Qu’est-ce qui inquiète le plus les citoyens: l’usine ou le trafic maritime? La population est-elle tiraillée entre le développement économique et la protection de l’environnement ? Comment réduire la dépendance de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean aux énergies fossiles? 

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Je vote pour la science est diffusée le lundi à 13 h et le samedi à 11 h sur les cinq stations régionales de Radio VM. Elle est animée par Isabelle Burgun. Recherche pour cette émission: Aurélie Lagueux Beloin. Vous pouvez également nous écouter, entre autres, sur CIBO (Senneterre), CFOU (Trois-Rivières), CIAX (Windsor) et Radio-Fermont. 

Vous trouverez sur cette page des liens vers les émissions des saisons précédentes. La naissance de l'émission, en 2008, avait également été accompagnée d'une initiative politique non partisane du même nom : rendez-vous ici. Vous pouvez également nous suivre sur Twitter et sur Facebook.