Les plus jeunes auraient une attitude plus critique par rapports aux sciences et particulièrement les jeunes femmes.  C’est ce que révèle une enquête auprès des artisans de l’information au Québec.

À l’invitation des chercheurs Jean-Hugues Roy, professeur à l’École des médias de l’UQAM et Yves Gingras, historien et sociologue des sciences, les artisans de l’information ont participé à une importante enquête sur les connaissances et les représentations des sciences chez les artisans francophones canadiens et québécois de l’information.  L’analyse de leur enquête a été dévoilée le 7 novembre dernier au Congrès virtuel de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ).

Journalistes et science : tricotés serrés ?

Le sondage a été réalisé du 29 avril au 8 juin 2020 auprès de 501 répondants, composés majoritairement d’universitaires et d’un peu plus d’hommes que de femmes.  Les jeunes artisans de l’information, entre 18 et 35 ans, apparaissent plus critiques sur la science.  ‘’Il y a une différence de génération’’ selon le chercheur Yves Gingras.  Il ajoute que ‘’les jeunes semblent plus critiques mais leur opinion n’est pas nécessairement fondée même s’ils se sentent plus confiants de leur opinions’’.  Par contre ‘’le scepticisme des jeunes naitrait dans la confusion’’ considérant leur moins bon résultat au test de connaissances générales, toujours selon le chercheur.  En revanche, Gingras et Roy constatent que plus le niveau d’étude des répondants est élevé et plus ils deviennent des partisans de la science.  Il y aurait également une différence de genre, les femmes seraient plus critiques face aux sciences que les hommes du même âge.  Ce dernier élément demeure encore inexpliqué. 

Quelques réponses singulières révèlent que plus de 16% des répondants croient que l’astrologie est une science et le pourcentage est moindre pour l’homéopathie.  Le sondage révèle aussi une polarisation des réponses au sujet des organismes génétiquement modifiés (OGM).

L’historien et sociologue des sciences avise les lecteurs de l’étude que le sondage ne peut se comparer au public en général mais plutôt à un sous-groupe de répondants intéressés aux sciences.  Les résultats du sondage invitent eux-mêmes à une distance critique et à réitérer l’exercice dans 5 ans selon les chercheurs.

Sources : Congrès virtuel de la FPJQ et CIRST