Une nouvelle industrie cherche à tirer profit de la double hélice de l’ADN en mettant sur le marché des tests génétiques pour dépister différentes maladies et personnaliser les traitements médicaux offerts.

Ces tests génétiques offrent de l’information plus détaillée que jamais aux médecins pour leur permettre de choisir le meilleur traitement selon la génétique de leur patient. Ils prétendent aussi faire des diagnostics plus précis d’échantillons de cellules anormales et de détecter plus rapidement les maladies auto-immunes. Ils pourraient même aider les chercheurs à faire des liens entre des bactéries et des virus, comme le streptocoque ou l’influenza et des maladies telles l’autisme, le cancer du col de l’utérus, le diabète, la schizophrénie et les troubles obsessifs-compulsifs.

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Plus de 1000 tests génétiques sont présentement disponibles en clinique et des centaines d’autres sont accessibles aux chercheurs. Malgré les espoirs immenses promis par ces tests, les chercheurs et les avocats s’inquiètent de leur justesse. Quelle est leur fiabilité?

Certains chercheurs croient que la pertinence de ces tests a été surestimée. Au cours des deux dernières décennies, pas une semaine ne s’est écoulée sans qu’on n’entende une nouvelle découverte liant un gène particulier à une maladie. Mais pour 95% de ces découvertes, des études subséquentes ont révélé que les maladies résultaient davantage d’une interaction complexe entre plusieurs gènes et l’environnement.

Selon le consortium international du Projet du Génome Humain, fondé en 1990 aux États-Unis et qui recherche des informations sur plus de 4000 maladies génétiques, ces tests sont inquiétants. D’autant plus que quelques compagnies ont déjà commencé à les mettre en marché directement au public. Ces tests génétiques prétendent non seulement diagnostiquer des maladies potentielles mais aussi fournir de l’information essentielle pour personnaliser les médicaments, la diète et les vitamines d’un individu selon son profil génétique.

Il n’y a actuellement aucune recherche indépendante ni de supervision gouvernementale qui étudie la pertinence de ces tests. Les compagnies qui dépensent des millions de dollars et des années de recherche pour justifier l’utilité clinique de leurs produits compétitionnent avec de petites entreprises qui voient soudainement une possibilité de s’enrichir grâce à la génétique.

Les résultats de ces tests amènent parfois des personnes à prendre des décisions qui auront un impact important sur leur vie : subir ou non une chirurgie, prendre ou non un médicament avec des effets secondaires embarassants, poursuivre ou interrompre une grossesse.

«Ces nouveaux outils nous permettront sans doute de déceler plus tôt certaines maladies et de mieux les traiter», explique le Dr W. Ian Lipkin, professeur d’épidémiologie, de neurologie et de pathalogie à l’Université de Columbia. «Mais utiliser une nouvelle technologie, c’est comme conduire une voiture au moteur très puissant, si vous la pointez dans la mauvaise direction, vous risquez de faire plus de tort que de bien».

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