Une bactérie qui vit à l’intérieur d’un insecte vient de décrocher le prix du plus petit génome connu: il est si court qu’il se compare à celui des virus, qui ne sont pourtant même pas considérés, en biologie, comme des êtres vivants.
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Un virus a en effet besoin d’un autre être vivant pour croître et se multiplier. Une bactérie est un être vivant autonome.
Il n’empêche qu’avec seulement 50 000 paires de base, le génome d’une des bactéries Vidania vient de fracasser le précédent record, qui était de 100 000 paires de base pour Nasuia, une bactérie qui vit elle aussi dans des insectes de la famille des cicadelles. En comparaison, le génome humain se mesure en milliards de paires de base. Les paires de base sont ces assemblages, par paires, des quatre molécules de base de toute forme de vie (désignées par les lettres A, C, T et G).
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Cette course au plus petit génome possible n’est pas seulement une curiosité biologique. Chercher à comprendre quel est le code génétique « minimum » au fonctionnement d’un être vivant, est d’intérêt pour comprendre l'utilité (ou non) de plusieurs des séquences des codes génétiques de tous les êtres vivants.
D’un autre côté, toute comparaison avec les autres êtres vivants aura ses limites: Vidania et Nasuia sont des bactéries dites « symbiotiques », ce qui veut dire que leur survie dépend d’une association étroite avec l’insecte qui les abrite. Elles vivent dans des cellules spécialisées de l’abdomen de ces insectes, et cette relation a vraisemblablement évolué sur plus de 250 millions d’années.
Il est donc probable, écrivent les auteurs de la nouvelle recherche, que cette dépendance ait contribué à faire perdre à Vidania une partie du code génétique de ses ancêtres, au fur et à mesure que des gènes devenaient inutiles. Un peu comme les mitochondries dans nos cellules, qui ne sont toutefois pas des êtres vivants autonomes, mais qui l’ont probablement été, à l’origine, il y a environ 2 milliards d’années.





