Deux cents scientifiques ont ajouté leur voix à celle des politiciens, évaluant à 50% sous les niveaux de 1990, la réduction des gaz à effet de serre qu’il faudrait accomplir d’ici une quarantaine d’années.

Publiée dans le contexte de la conférence annuelle des Nations Unies sur les changements climatiques, qui se déroule actuellement à Bali, cette déclaration, à l’initiative d’un groupe australien, a été accueillie dans l’indifférence, les médias étant bien davantage occupés à supputer les stratégies des Américains, Canadiens, Australiens, Européens et autres Chinois.

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D’où sort ce chiffre, 50% de réduction d’ici 2050? De données du Groupe intergouvernemental sur les changements climatiques (le fameux GIEC). Dans son dernier rapport cette année, celui-ci évaluait ce qui serait nécessaire pour éviter que la température moyenne de la Terre n’augmente pas de plus de 2 degrés par rapport aux niveaux pré-industriels.

En gros, il faudrait pour cela que la concentration de gaz à effet de serre se stabilise en-dessous des 450 parties par million de ses équivalents de CO2. Or, c’est pour atteindre un tel objectif qu’il serait nécessaire de viser une réduction des gaz à effet de serre de 50% par rapport à leurs niveaux de 1990, et ce d’ici le milieu du siècle.

Ces chiffres n’ont rien de nouveau : même les « sceptiques » du climat conviennent qu’il est possible d’établir une corrélation entre une hausse des GES et une hausse de la température. Là où il subsiste une incertitude, c’est sur la précision des cibles : 50% serait-il vraiment nécessaire? Pourquoi pas 60%? Ou 40%? Certains chercheurs proposent, plutôt qu'une seule cible à long terme, plusieurs cibles, qui seraient réajustées au fur et à mesure que l’impact de nos réductions deviendrait apparent. L'idée est sur la table à Bali... au milieu de beaucoup d'autres.

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