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L’une des 5 pires idées du premier quart du 21e siècle: le bitcoin, tranche le magazine New Scientist. Également dans la liste: les réseaux sociaux.

Le magazine britannique de vulgarisation a en effet profité du passage à l’an 2026 pour faire un numéro spécial sur « le pire », mais aussi « le meilleur » de ce qu’a été le 21e siècle jusqu’ici —au moment où l’on entre dans le deuxième quart de ce siècle qui avait, jadis, excité un grand nombre d’auteurs de science-fiction.

Et le bitcoin s'avère être une de ces idées qui semblaient bonnes mais qui ont mal tourné. À commencer par le fait que, près de deux décennies après son invention, en 2008, on s’interroge encore sur son utilité: « si vous voulez l’utiliser comme devise monétaire, la plupart du temps, vous ne le pouvez pas, parce que la capacité du réseau à traiter des transactions est limitée ». Et ça, c’est avant même qu’on ait commencé à prendre en considération son empreinte carbone. Alors qu’en 2008, quiconque doté d’un ordinateur de base pouvait lui-même effectuer l’opération appelée « minage » des bitcoins, aujourd’hui, « l’empreinte carbone moyenne d’une personne prenant un avion de Londres à New York est plus petite qu’une simple transaction bitcoin ».

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Et les réseaux sociaux? Une autre idée qui était « géniale » mais qui n’a pas « rempli ses promesses originales ». Le verdict est cruel: 

Les réseaux sociaux, au début, étaient à la fois fonctionnels et amusants. Mais alors que les profits pour les créateurs de ces compagnies grimpaient en flèche, l’expérience pour l’usager se décomposait en une bouillie fétide mais créant de la dépendance. À part l’amiante, les CFC (chlorofluorocarbones) et les plastiques à usage unique, rien n’a eu droit à un pareil retour du pendule, allant de l’utile au nocif.

La solution est-elle de briser le lien entre réseau social et profit? « Le problème n’est pas tant la technologie », déclare Graham Murdock, de l'École des sciences sociales de l’Université Loughborough (Royaume-Uni). Le problème, « c’est le modèle d’affaires. Si nous ne faisons pas quelque chose de décisif, je pense que nous allons voir des répercussions de plus en plus négatives. » 

Et le meilleur du 21e siècle?  

Page couverture du New Scientist, 24 janvier 2026

Quant au meilleur de la portion du siècle aujourd’hui écoulée, les 21 choix du magazine se divisent entre des percées technologiques ou scientifiques encore réservées aux laboratoires et des percées dont l’impact sur la santé publique ou la société n’est plus à démontrer. Par exemple, la prise de conscience de l’importance du microbiome, c’est-à-dire cet écosystème de microbes qui vit en chacun de nous et qui influence « tout, du métabolisme et de l’immunité jusqu’au bien-être mental ». 

Ou encore, la science de l’attribution, c’est-à-dire le développement, depuis les années 2000, de cette capacité à attribuer mathématiquement un niveau de responsabilité de plus en plus précis aux changements climatiques, dans des événements météorologiques extrêmes comme les ouragans ou les canicules. « Lorsque nous avons commencé à faire ça », se rappelle la climatologue britannique Friederike Otto, co-fondatrice du consortium World Weather Attribution en 2014, tout le monde nous disait « vous ne pouvez pas attribuer un événement isolé aux changements climatiques ». L’accumulation des études, depuis, a démontré le contraire

Parmi les autres « 21 meilleures idées du 21e siècle » : 

  • CRISPR, « un outil extraordinairement puissant pour traiter des maladies génétiques »; 
  • les téléphones cellulaires, dont les désavantages bien réels —comme en témoignent les écoles qui commencent à les interdire— n’invalident pas les avantages sociaux, économiques et technologiques; 
  • le concept de carboneutralité (en anglais, net zero) qui, dans les années 2000, a permis à la réflexion sur les émissions de gaz à effet de serre, d’aller au-delà des simples calculs sur l’accumulation du CO2 dans l’atmosphère pour prendre en compte le moment où un « équilibre » devra être atteint pour freiner l’augmentation des températures ; c’est de là qu’est venue l’idée, rapidement adoptée par plusieurs gouvernements, de se fixer une échéance —par exemple, l’année 2050— pour l’atteinte de cette carboneutralité;  
  • la création de Wikipedia en 2001, une encyclopédie collaborative qui, contre toute attente, fonctionne très bien. À l’heure où l’hostilité et la polarisation semblent définir Internet, « le fait qu’une encyclopédie que tout le monde peut éditer soit devenue un des entrepôts de connaissances mondiaux les plus utiles » donne encore confiance pour la suite du 21e siècle.
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