Les influenceurs qui, sur les réseaux sociaux, naviguent dans la sphère masculiniste, ne se contentent plus de défendre des idées anti-féministes ou de parler de sport ou d’armes à feu. Ils font la promotion de thérapies de testostérone qui peuvent être carrément dangereuses pour la santé.
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En gros, l’idée est d’augmenter les niveaux de testostérone produits naturellement par le corps, en prétendant que cela aura des effets bénéfiques sur la santé ou sur la libido. Des publicités sur les réseaux sociaux qui font la promotion de ces « traitements » offrent dans un premier temps de tester le niveau de testostérone, mais sans expliquer que ces niveaux fluctuent naturellement en fonction de plusieurs facteurs (ils fluctuent aussi chez les femmes). Les différentes recherches à ce sujet ne s’entendent même pas sur ce qui constitue un niveau normal de testostérone chez les hommes.
Un certain marketing de la testostérone était présent dès les années 2010, mais il se limitait alors à cibler les hommes plus âgés, en prétendant pouvoir « inverser » la baisse de testostérone liée au vieillissement.
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Or, dans une étude récemment publiée dans la revue Social Science & Medicine, des chercheurs du Danemark et d’Australie écrivent que les messages circulant désormais sur Instagram et TikTok tracent un portrait médical simpliste: ils présentent par exemple « une basse de testostérone comme une crise de masculinité », ou comme un problème « de vieux » que les plus jeunes devraient donc combattre. Ils associent aussi des phénomènes aussi larges que la fatigue ou le stress à une baisse de testostérone nécessitant un traitement.
Un reportage récent de l’Agence France-Presse a identifié des cliniques médicales privées qui, au Royaume-Uni, faisaient la promotion de ces « traitements ».
En arrière-plan de plusieurs des messages les plus populaires étudiés, se dessine une idéologie, lit-on dans l’étude: « la construction d’une opposition binaire entre être un « vrai homme » et être féminin ». Cette perception s’inscrit dans le développement ces dernières années de ces communautés en ligne parfois appelées « manosphère », où circule l’idée que les hommes sont des « victimes » de la société moderne. C’est également dans ces communautés qu’on peut facilement trouver des discours « banalisant la violence à l’égard des femmes et des filles ».
Or, le dépistage des niveaux de testostérone est malavisé sans supervision médicale, considérant les fluctuations naturelles tout au long d’une année ou même tout au long d’une journée. De plus, les traitements qui sont proposés sont associés à des risques pour la santé, rappelle un communiqué de l’Université de Sydney: cela inclut des problèmes cardiaques ou rénaux… et de la dysfonction érectile.





