Si des chenilles se sont régalées des feuilles d’un chêne pendant l’été, il y a de bonnes chances pour que ces feuilles s’ouvrent trois jours plus tard le printemps suivant, nuisant du coup à la survie des chenilles… et réduisant de plus de moitié le nombre de feuilles attaquées.
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Cette sorte de contre-attaque inhabituelle est décrite par une équipe allemande en biologie, écologie et foresterie, dans la revue Nature Ecology & Evolution. Ces chercheurs ont analysé la composition des forêts de la Bavière entre 2017 et 2021, à partir de données satellites. L’année 2019 avait été particulièrement bonne pour la bestiole qu’on appelle la Spongieuse sous sa forme de chenille (Lymantria dispar) ou le Bombyx disparate lorsqu’il est papillon: les dommages aux deux espèces de chênes de la région avaient été étendus.
Or, il s’avère que le printemps suivant, les feuilles des arbres les plus touchés s’ouvraient trois jours plus tard que celles de leurs congénères. On ignore quel « signal » a permis ce délai: mais ça a permis de réduire de 55% le nombre de feuilles dévorées.
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C’est que l’éclosion des chenilles et l’arrivée des feuilles sont synchronisées —du moins, en temps normal— avec l’arrivée des journées plus chaudes du printemps. De sorte qu’une chenille qui émerge dans un environnement où elle n’a rien à manger a le temps de mourir avant que la plupart des feuilles ne soient prêtes à lui servir de déjeuner.
On sait depuis longtemps que les chênes ont, à l’instar d’autres plantes, des mécanismes de défense plus immédiats: rendre leurs feuilles plus difficiles à mâcher, ou produire des substances aromatiques qui attirent des prédateurs de la chenille. Mais la stratégie du délai au printemps suivant, s’il se confirme qu’il s’agit bien d’une telle réaction, est inédite, et laisse croire aux auteurs que le chêne n’est peut-être pas le seul à l’avoir adoptée.





