Ceux qui aiment bien parler du rôle de la nature dans le réchauffement climatique vont avoir du boulot : l’intensification des feux de forêt va envoyer davantage de CO2 dans l’atmosphère, mais combien? Le dégel des sols de l’Arctique va expédier davantage de méthane, soit un autre gaz à effet de serre, mais combien?
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Ce sont des questions pour lesquelles on n’a que des réponses partielles, déplorent des chercheurs américains dans une étude récemment prépubliée. Et ces questions ne sont pas anodines, puisque ces « surplus » de gaz à effet de serre pourraient ajouter jusqu’à 0,6 degré Celsius au réchauffement, estiment-ils.
Ce sont même des calculs qui ne sont pas toujours intégrés dans les modèles climatiques utilisés par le GIEC (le groupe d’experts scientifiques des Nations unies sur le climat), tant ces informations sont partielles. Ce qui signifie que les scénarios du GIEC ou des organismes qui calculent les promesses de réduction des gaz à effet de serre d’ici 2050 ou 2100, passent à côté d’une partie importante du casse-tête.
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Ce problème a souvent été évoqué au fil des années: on peut par exemple grossièrement estimer quelle quantité d’organismes « dort » dans le sol gelé de l’Arctique, mais on ignore à quelle vitesse tout cela va dégeler. Et donc, quel impact ça aura sur la quantité de gaz à effet de serre dans l’atmosphère en 2050 ou en 2100.
« Si vous n’incluez pas toutes les émissions qui vont dans l’atmosphère, alors vous êtes paralysé dès le départ », commente le climatologue Brian Buma, du Fonds de défense de l’environnement, et co-auteur de l’étude.
En plus des feux de forêt et du pergélisol, l’une des plus importantes sources d’émissions de GES provoquées par le réchauffement est du côté des terres humides : davantage de précipitations font croître plus vite ces zones riches en végétation et en micro-organismes émetteurs de méthane et de protoxyde d’azote —le troisième GES.
Mais les régions nordiques sont la plus grande source de préoccupation. Selon le rapport 2024 sur l’Arctique de l’agence américaine des océans et de l’atmosphère, la combinaison des incendies et du dégel du sol a désormais transformé la toundra en une source d’émissions de GES, après des milliers d’années où elle avait été un puits de carbone. Et le fait que 2026 s’annonce une année El Nino s’ajoute au casse-tête.
Les auteurs de cette étude s’inscrivent dans un effort multidisciplinaire pour précisément intégrer aux futurs modèles climatiques les données disponibles sur ces terres humides, sur l’Arctique et sur les feux de forêt.




