Ces chercheurs de l’Université Stanford ont suivi chez des populations africaines les marqueurs particuliers de deux gènes du chromosome Y. Celui-ci est un candidat idéal pour observer les traces des événements du passé : présent seulement chez les hommes, il n’échange pas ses gènes avec d’autres chromosomes. Leur expérience a porté fruit lorsqu’ils virent apparaître sur une carte de la fréquence de ces marqueurs le chemin de cet ancien peuple.
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En unissant leurs découvertes avec celles d’archéologues et de linguistes, ils en arrivent à retracer l’origine de l’agriculture dans le sud de l’Afrique à une migration remontant à 2000 ans. Un peuple de l’est de l’Afrique parlant un dialecte typique du sud du Nil se serait déplacé à cette époque vers le sud, apportant avec lui l’agriculture et la domestication du bétail.
La diffusion de l’agriculture et de la domestication des animaux au néolithique du Proche-Orient vers l’Europe, il y a plus de 5000 ans, est très étudiée, mais son équivalent africain restait mystérieux. Des fouilles archéologiques avaient montré que le sud de l’Afrique connaissait l’agriculture avant la dernière grande migration connue : celle des Bantus il y a 1500 ans. La provenance de ces connaissances restait toutefois un mystère… Les peuples situés plus au nord avaient-ils simplement enseigné leurs techniques à leurs voisins ou bien une migration plus ancienne restait-elle encore inconnue? Il aura fallu une union de la génétique et de l’archéologie pour trancher...
Sylvain Lanouette





