Selon la légende urbaine, l’océanographe Sylvia Earle aurait dit à la blague à un haut dirigeant de Google que le plus gros défaut du logiciel Google Earth, c’était qu’il ne couvrait pas les quatre cinquièmes de la planète.
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Eh bien c’est maintenant chose faite. Ce logiciel qui a été téléchargé un demi-milliard de fois depuis sa création en 2005; qui entremêle cartes routières et cartes topographiques des cinq continents; qui utilise les technologies de photo-satellite qui, il y a 15 ans, auraient été réservées aux satellites-espions... Ce logiciel donc, permet désormais d’admirer les montagnes et les crevasses sous-marines, de cliquer sur des fosses hydrothermales et de repérer les zones où des espèces sont menacées d’extinction. Avec images et vidéos à l’appui.
Google Earth « sous-marin » pourrait-il venir au secours d’une communauté d’environnementalistes qui peine à intéresser le grand public au sort des espèces marines (sauf la baleine)? C’est ce qu’espèrent certains observateurs, comme ce journaliste du New York Times qui y voit un outil pour rendre plus familier un univers qui nous est, au départ, passablement étranger.
Les médias et la technologie, lui dit par exemple la « psychologue de l’environnement » Nancy Wells, de l’Université Cornell, « peuvent être un catalyseur pour connecter les gens à la nature ». Même sentiment chez Stephen Kellert, professeur d’écologie sociale à l’Université Yale: il existe « une forte corrélation entre la conscientisation environnementale... et l’avènement de descriptions de la nature par la vidéo, le film ou la télé ».
Mais Kellert ajoute un bémol : conscientisation n’implique pas compréhension, ni même action. « Une prise de conscience accrue reste quelque chose de largement abstrait et éloigné —éloigné comme les forêts tropicales, la faune charismatique d’autres pays... »





