MUNICH - Menacé d'emprisonnement en Syrie pour ses opinions, un philosophe et professeur émérite est à présent bloqué à Beyrouth par les bombardements israéliens. Cruelle ironie pour celui qui devait aller à Munich présenter une conférence sur l'Islam et son ouverture à la modernité.

Sadik Al-Azm, de l’Université de Damas, en Syrie, devait en effet se rendre en Allemagne, à Munich, dans le cadre de l'Euroscience Open Forum, qui rassemble cette semaine des centaines de scientifiques et de journalistes.

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Joint lundi à son appartement de Beyrouth, Sadik Al-Azm dit désirer y rester, en signe de solidarité avec les gens de la ville alors que ses conditions de vie sont encore acceptables. Selon lui, la seule fuite possible serait par la Syrie, où cette menace d’emprisonnement pèse sur lui depuis la publication de la Déclaration de Beyrouth-Damas en mai dernier: 360 intellectuels syriens et libanais y critiquent la détérioration des relations entre le Liban et la Syrie et réclament que cette dernière cesse d'agir comme si le Liban n'était pas un État souverain.

Au moment de la publication, douze des signataires ont été emprisonnés en Syrie et le sont toujours. Le professeur Al-Azm a évité le même sort, se trouvant alors à l’Université de Princeton, aux Etats-Unis, où il enseigne également. Il est retourné à Beyrouth quelques semaines plus tard, où il se trouve encore, piégé par les bombardements.

Sa conférence à Munich, qui a été lue par personne interposée mardi, portait plus précisément sur l'ouverture de l'Islam à la modernité, la science et la démocratie.

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