Un cadran solaire en ardoise datant du 17e siècle célèbrera à sa manière la Journée internationale des monuments et des sites. Mis à jour par l’école de fouilles du musée archéologique de Pointe-à-Callière et récemment restauré, il sera exposé pour la première fois le 18 avril prochain. Ce cadran solaire, sans doute le premier de Montréal, symbolise parfaitement le lien intrinsèque entre le patrimoine et les sciences.

 

« Cette journée sera l’occasion de faire le rapprochement entre nos institutions, le Musée Pointe-à-Callière, mais aussi le Jardin botanique ou l’Université de Montréal. Cela permettra de bâtir des ponts entre patrimoine et sciences », relève Dinu Bumbaru, directeur des politiques d’Héritage Montréal et membre de l’International Council on Monuments and Sites (ICOMOS).

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Des observatoires astronomiques à la maison de Darwin (Angleterre), en passant par les temples Maya, le patrimoine scientifique mondial s’exposera durant une journée autour de la planète. Lancé il y a 26 ans par l’ICOMOS et reconnu par l’UNESCO, cet événement veut sensibiliser le public aux questions du patrimoine, d’hier à aujourd’hui.

Un chantier à bâtir

Si la science permet de comprendre le monde, elle a également une histoire qui s’incarne dans ses monuments et ses sites propres. Une histoire qui reste encore bien méconnue au Canada. Sur les 1985 lieux historiques canadiens, seulement 65 portent sur la science dont 16 à Montréal.

« Visites de trésors enfouis au sein des laboratoires d’anthropologie ou ceux de pionniers de physique du tournant du siècle, le Québec est riche d’un patrimoine ignoré que l’on aimerait commémorer », insiste M. Bumbaru.

Cette journée et les multiples collaborations qui la sous-tendent pourraient n’être que la première pierre d’un vaste chantier du patrimoine scientifique dont la vocation serait de rendre visible la riche histoire de la culture scientifique cachée sous les pierres. Un guide du patrimoine scientifique de la métropole, mais également de la province, permettrait ainsi de recenser tous les lieux de son histoire scientifique et industrielle.

« Nous allons nous efforcer de bâtir des ponts vers les organismes de culture scientifique. Une initiative modeste, mais qui apporterait un rayonnement à Montréal. Cela permettrait de mieux connaître un aspect encore bien méconnu de la métropole », pense M. Bumbaru.

Pour en savoir plus

Journée internationale des monuments et des sites

Sur le site d’Héritage Montréal

Montréal en collection

Avec ses 4 500 caisses d’artefacts et près de 9 000 pièces, la collection de référence de la Réserve archéologique de la ville de Montréal illustre une autre facette de la recherche archéologique et historique.

Fait rare, il sera ainsi possible le 18 avril prochain de découvrir une partie de ces richesses. « Nos pièces parlent de plus de 4 000 ans de l’histoire de l’occupation de ce territoire par l’homme », explique François Bélanger, archéologue au bureau du patrimoine, de la toponymie et de l’expertise de la ville de Montréal.

Issue de sites de travaux de rénovation ou de construction, chaque trouvaille nourrit l’histoire de la métropole. Les pipes de plâtre rappellent ainsi la production locale du 19e siècle du quartier pipier situé à entre la rue Papineau et la rue Delorimier.

Collection d’objets usuels d’autrefois, mais aussi de seuils, de corniches, d’écriteaux, de canalisation, cette vaste collection renferme aussi des pièces énigmatiques, comme ce tire-lait trouvé dans des latrines militaires.

 

 

 

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