La parution de cette étude, le 21 juin, dans l’édition en ligne de la revue américaine Science, coïncidait à un tel point, à 24 heures près, avec le veto du Président Bush, qu’on aurait pu croire que quelqu’un s’était arrangé pour qu’il en soit ainsi.
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Dans cette étude menée par les universités Duke de Durham (Caroline du Nord) et Johns Hopkins de Baltimore (Maryland), 60% des 1200 patients qui ont répondu au questionnaire (sur 2200 interrogés) ont dit qu’ils accepteraient de donner leurs embryons inutilisés, afin d'aider la recherche sur les cellules-souches; 22% ont dit qu’ils préféreraient plutôt les donner à des couples infertiles (la solution favorisée par le président Bush et les opposants à la recherche).
C’est la deuxième fois en autant d’années que le Président Bush impose son veto à un tel projet de loi. L’interdit sur tout financement fédéral à la recherche (qui n’interdit toutefois pas le financement privé) est appliqué depuis août 2001 et porte plus spécifiquement sur toute recherche impliquant la création de nouvelles lignées de cellules-souches —seule une vingtaine de lignées sont donc « accessibles » aux chercheurs.
Entretemps toutefois, l’enjeu, à l’origine obscur, est devenu carrément politique, avec parmi les promoteurs de la recherche des vedettes comme Michael J. Fox et Nancy Reagan, la veuve de l’ancien Président Reagan. Déjà, les cellules-souches font partie des enjeux de l’élection présidentielle de novembre 2008, tous les candidats démocrates s’était prononcé en faveur de la recherche.
Mais la recherche Duke-Johns Hopkins n’est pas elle-même exempte de motivations politiques. Comme le souligne la co-auteure Anne Drapkin Lyerly, bioéthicienne et obstétricienne à l’Université Duke, « il y a approximativement 400 000 embryons congelés aux États-Unis; si la moitié d’entre eux appartiennent à des gens qui sont désireux de les donner pour la recherche, et si seulement la moitié étaient en fait donnés, cela voudrait tout de même dire 100 000 embryons disponibles pour de la recherche »





