Pendant que la partie Atlantique du Canada, ainsi que la Nouvelle-Angleterre, se remettent des restes de l'ouragan Noel, c’est toute la saison 2007 des ouragans qui commence à créer un débat. Normale, anormale ou schizophrénique?

Déjà, avant cet ouragan Noel, deux ouragans de catégorie 5 avaient frappé les Antilles —et c’était déjà une rareté : la quatrième fois seulement depuis 1935 que deux ouragans de catégorie 5 se forment dans la même année. Les prévisions « catastrophistes » des dernières années, selon lesquelles le réchauffement planétaire aurait pour conséquence davantage d’événements climatiques catastrophiques, se réaliseraient-elles déjà?

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Rappel : ces prévisions (voir ce texte pour plus de détails) disaient que les changements climatiques auront pour conséquence de produire des ouragans moins nombreux, mais plus violents.

Malheureusement pour l’un ou l’autre camp, ce n’est pas aussi simple. Du moins, pas cette année. Eric Berger, journaliste scientifique au Houston Chronicle, accumule les statistiques contradictoires dans un article récent :

- selon l’Index d’énergie accumulée des cyclones (Accumulated Cyclone Energy Index, voilà un titre qui ne s’invente pas!), la « force totale » de la saison 2007 serait en-dessous de la moyenne des 40 dernières années; au grand dam des scientifiques la NOAA (Administration nationale des océans et de l’atmosphère) qui avaient prédit une « force totale » supérieure à la moyenne de 200%! - Certes, Dean et Félix, les deux ouragans de force 5, ont été puissants, mais la plupart des autres se sont « dégonflés » avant de devenir dévastateurs; - Jusqu’à maintenant, cette année, on compte 14 tempêtes tropicales —dont 4 se sont développées jusqu’au statut d’ouragan— ce qui est au-dessus de la moyenne annuelle de 10; - donc, plus de tempêtes... mais globalement moins violentes.

Un autre facteur rend toute certitude difficile : bien que les données météo sur les ouragans remontent à 1935, ce n’est pas avant les années 1960 que les satellites ont permis d’observer l’ensemble de l’Atlantique —et ainsi, d’observer la naissance d’une tempête tropicale, et non pas uniquement le moment où elle frappe la côte. Et ce n’est pas avant les années 1980 que la technologie est devenue suffisamment précise pour détecter le moment précis, à l’heure près, où une tempête tropicale atteint le niveau d’un ouragan de catégorie 5.

Pourtant, les années 2004 et 2005, avec leurs ouragans hors du commun —dont le désormais célèbre Katrina, celui qui a dévasté la Nouvelle-Orléans— ont engendré une longue série de recherches dont les conclusions semblaient bien arrêtées. Auraient-elles péché par excès de confiance? « Je continue de croire que le portrait général (de la planète) est en train de changer », déclare le journaliste Chris Mooney, auteur de Storm World, « et une ou deux années ne réfutent pas cela ». De fait, si on considère l’intensité des ouragans sur un horizon de cinq ans —les cinq dernières années— là, on remarque une nette tendance à la hausse, déclare le climatologue Kerry Emanuel, en dépit de la « relative tranquillité » de ces deux dernières années. Tout le monde a bien hâte de voir 2008...

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