Quatre ans après l’annonce du président Bush d’un retour sur la Lune et d’un éventuel voyage vers Mars, on commence à préparer l’après-Bush... et à éliminer ce qui semble irréaliste dans ce plan.

 

Une rencontre « de haut niveau » entre scientifiques, administrateurs, anciens astronautes et représentants de l’industrie, qui a lieu les 12 et 13 février en Californie, sous l’égide de la Planetary Society, est décrite comme la première occasion de réévaluer Vision for Space Exploration (VSE) —le programme Bush en question.

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Quatre ans se sont écoulés depuis le dépôt de ce programme, rédigé dans la foulée de l’accident de la navette spatiale Columbia. Il prévoit l'achèvement de la construction de la station spatiale, la construction d’une deuxième génération de navettes (Crew Exploration Vehicle), un retour sur la Lune vers 2020 avec la construction d’une base permanente, et enfin une mission sur Mars vers 2030.

La Planetary Society est un groupe voué à la promotion de l’exploration spatiale, ce qui ne l’empêche pas d’être sceptique sur plusieurs aspects de ce programme : les coûts réels d’une mission vers Mars n’ont jamais été évalués, et la poursuite des missions de la navette ont conduit à des coupes dans les dépenses prévues pour le programme VSE. Celui-ci « n’a pas assez de soutien du public pour générer le budget dont il a besoin », a déclaré le directeur de la Planetary Society, Louis Friedman. « Nous avons une fenêtre pour discuter si le programme lunaire a été construit correctement. »

Parmi les invités, stratégie oblige, deux conseillers de deux des candidats à la présidence, Barack Obama et Hillary Clinton... Le rapport qui sortira de cette rencontre ne sera sans doute qu’un parmi beaucoup de rapports qui tenteront d’attirer l’attention de la future Maison-Blanche.

Des alternatives aux missions lunaires, si celles-ci devaient s’avérer trop coûteuses? Certains des participants veulent effectivement pousser dans cette direction :

- on évoque ces astéroïdes que leur orbite amène à passer près de la Terre —c’est moins excitant que la Lune, mais on évite l’étape de la construction d’une base et ainsi, on garde de l’argent pour une mission vers Mars. - on évoque aussi le télescope James Webb, celui qui doit remplacer Hubble dans les années 2010; comme il tournera sur une orbite considérablement plus éloignée, une mission habitée vers lui constituerait une répétition en vue d’une mission vers Mars, sans les coûts énormes qu’engendrent le fait de devoir alunir puis redécoller.

De toute évidence, il y a des gens qui aimeraient bien aller le plus vite possible vers Mars...

 

 

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