L’humeur n’est pas aux célébrations, du côté de l’Agence spatiale américaine, fondée le 1er octobre 1958 :
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- Un rapport rendu public cette semaine lui tape sur les doigts pour ne s’être pas suffisamment préparée à la période « après-navettes », lorsque celles-ci seront mises à la retraite en 2010.
- Les élus américains ont accepté cette semaine, non sans réticences, d’amender une loi qui permettra de payer les Russes pour utiliser leurs fusées Soyouz —et ainsi, garder la station spatiale en vie jusqu’en 2015 (voir ce texte de la semaine dernière), lorsque sera prêt le nouveau véhicule américain.
- Et si les Chinois continuent sur leur lancée, ils pourraient mettre un homme sur la Lune en 2017, a réitéré le grand patron de la NASA, Michael Griffin —soit deux ou trois ans avant les Américains.
Le contraste entre hier et aujourd’hui ne pourrait pas être plus grand : la NASA était devenue un outil pour asseoir la fierté américaine face à « l’ennemi » russe; tout au long des années 1960, elle avait pratiquement eu un budget illimité, qui lui avait permis de faire marcher 12 hommes sur la Lune entre 1969 et 1972.
Aujourd’hui, elle se débat avec des coupes budgétaires, des navettes vieillissantes, et son programme de retour sur la Lune pour 2020 est loin d’être ficelé. Et en plus, elle doit se reposer sur l’ennemi d’hier!
Entretemps, les sondes spatiales ont obtenu des succès encore plus spectaculaires —et pour moins cher— que les missions habitées. Même la navette a eu son lot de critiques : des milliards auraient pu être économisés depuis 20 ans en mettant en orbite des satellites avec des fusées conventionnelles. Quant à la station spatiale, elle n’est que l’ombre de ce qu’elle était censée être.
Pas de deuxième guerre froide?
Par contre, pour la Française Isabelle Sourbès-Verger, auteure d’Un empire très céleste , ce n’est pas une course à la Lune qui se prépare, mais deux stratégies parallèles : « le seul satellite naturel de la Terre c’est la Lune et donc, pour expérimenter des technologies spatiales, vous vous y retrouvez... avec les autres. » Encore que les Américains se servent plus des Chinois que le contraire : ils les présentent comme des « challengers, pour stimuler les décideurs politiques et obtenir des crédits ». Michael Griffin lui-même a commencé à employer la phrase-clef « deuxième course à la Lune ».
Derrière ce discours pompeux toutefois, une délégation de la NASA s’est rendue pour la première fois en Chine l’an dernier : un voyage discret mais historique.
Qu’en disent les Chinois pendant tout ce temps? Rien, justement. Ils ont fêté leurs « héros » rentrés dimanche, 28 septembre, après la première marche dans l’espace d’un « taïkonaute » chinois, Zhai Zhigang. Mais les autorités spatiales demeurent toujours aussi laconiques sur les objectifs. « Nous croyons qu’aussi longtemps que nous pourrons faire des progrès en science et en technologie, nous pourrons réaliser le rêve d’un vol habité vers la Lune », a dit aux journalistes le porte-parole du programme spatial chinois, Wang Zhaoyao, sans autres détails.
Pascal Lapointe





