Des efforts collectifs réalisés grâce à Internet ont, ces dernières années, contribué à des recherches sur les protéines ou le climat. Mais saviez-vous qu’un projet impliquant des dizaines de milliers d’amateurs était en cours depuis 112 ans?

Le Recensement annuel des oiseaux de Noël (Christmas Bird Count), qui avait lieu cette année du 14 décembre au 5 janvier, est organisé par la Société Audubon —peut-être la plus ancienne organisation de défense de l’environnement, née un siècle avant que le concept de défense de l’environnement n’existe!

Il a pour but, comme son nom l’indique, de recenser année après année les oiseaux présents dans chaque coin de pays où des amateurs veulent bien se dévouer: chaque groupe s’occupe d’un cercle de 15 milles de diamètre, ou 24 km, et il y a 2000 de ces cercles. Rien à voir avec Noël, sinon l’intention de profiter d’un moment de l’année où davantage de gens ont du temps à eux.

Mais après 112 ans, ce travail collectif est devenu une mine d'informations sur l’évolution des populations d’oiseaux aux quatre coins de l’Amérique du nord —encore que, froid oblige, l’effort a eu un peu plus de mal à prendre son envol au Québec.

Le recul de certains habitats à cause de l’urbanisation, le déclin ou le retour d’une espèce menacée, les déplacements de certaines populations d’oiseaux en association avec le réchauffement climatique, sont parmi ces recherches qui profitent d'informations récoltées par des amateurs passionnés, il y a parfois deux, voire trois générations.

Le Recensement est décrit par la Société Audubon comme le «plus ancien projet de science participative au monde» —autrement dit, un modèle avant la lettre de tout ce qu’on tente aujourd’hui de définir par des termes comme crowdscience, crowdsourcing, externalisation, ou l’utilisation de l’intelligence d’une foule plutôt que celle d’une petite équipe.