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Signe des temps: après les tueurs en série, l’époque nous apportera-t-elle les «infecteurs en série»? C’est en tout cas ainsi que les médias américains désignent un homme qui, au New Hampshire, vient d’être accusé d’avoir transmis l’hépatite C à 31 personnes... dans 13 hôpitaux différents!

L’homme était un technicien de laboratoire intérimaire: il était autrement dit un remplaçant, ce qui explique qu’il se soit retrouvé dans autant d’établissements différents. Et ce, depuis juin 2010, moment où il aurait été diagnostiqué porteur de l’hépatite C.

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L’hépatite C se transmet essentiellement par contact avec le sang d’une personne infectée. Or, selon l’accusation déposée contre lui le 19 juillet, David Kwiatskowski, 32 ans, se serait injecté des doses de Fentanyl (un puissant antidouleur) destinées à des patients, avant de remettre discrètement en place les seringues, remplies, à la place du Fentanyl, d’eau salée. D’où la transmission du virus, par l’intermédiaire de ces seringues déjà utilisées.

Le scénario du pire est qu’il aurait pu ainsi infecter non pas 31 personnes mais «des milliers», selon le journaliste médical du réseau de télé ABC. Cette annonce a conduit à un appel à faire subir des tests de dépistage à 6000 ex-patients de l’hôpital d’Exeter, une ambition qui a par la suite été réduite de moitié, puis abandonnée le 28 juillet: le risque de transmission «chez ce nouveau groupe de patients» semble avoir été jugé trop faible pour que le coût d’une telle opération soit justifié.

Bien que 3% de la population mondiale soit porteuse chronique de l’hépatite C, ce virus est rarement mortel, et au moins un tiers des personnes infectées l’ignoreraient. Le virus se loge en particulier dans le foie, où il peut causer une cirrhose.

C’est en mai dernier que l’hôpital d’Exeter, au New Hampshire, a découvert la propagation d’hépatite C dans ses murs, lançant une enquête qui s’est étendue dans une douzaine d’États américains. Kwiatkowski a travaillé dans cet hôpital d’avril 2011 à mai 2012, moment où il a été mis à pied pour une raison qui n’a pas été précisée. Le suspect a été trouvé par un policier à la suite d’une alerte médicale dans un hôtel du Massachusetts le 13 juillet, et a été mis en état d’arrestation une semaine plus tard.

Qu’il ait pu passer au travers des mailles du filet pourrait démontrer l’impossibilité de tout prévoir: l’hôpital d’Exeter fait subir un test de dépistage de drogues à ses employés, y compris les remplaçants. Les autres hôpitaux où le suspect a travaillé ces dernières années n’ont pas été nommés, mais des journalistes ont retrouvé des responsables de la santé au Michigan et au Kansas qui ont confirmé qu'il avait travaillé là-bas.

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