Même certains «croyants» en la vie extraterrestre auraient été surpris de trouver du méthane sur Mars. Mais la non-découverte a néanmoins été une grande déception, parce qu’elle fait reculer la perspective d’une vie martienne, même cachée sous la surface.

Explication. Vendredi dernier, 2 novembre, l’équipe de la sonde Curiosity a annoncé qu’elle n’avait pas détecté du méthane, du moins pas dans les quantités minimales qui lui auraient été possibles, soit au moins 5 parties par milliard. Ce que cela veut dire: il n’y a pas de colonies de bactéries sur Mars en train de péter.

Sur Terre, la grande majorité du méthane mesurable dans l’air, à raison de 1700 parties par milliard, provient de la vie —des plus humbles bactéries jusqu’aux plus grandes bestioles. S’il y a de la vie sur Mars, elle devrait donc laisser cette même trace, une trace que le spectromètre laser aurait dû «sentir».

La non-détection du méthane pourrait donc être présentée, à la grande déception de plusieurs, comme la donnée la plus solide à ce jour à l’effet qu’il n’y a pas (ou qu’il n’y a plus) de vie sur Mars.

C’est pour eux d’autant plus décevant que deux annonces, en 2003 et 2009, faisaient état de la détection, depuis l’orbite, de méthane dans des proportions variant entre 30 et 45 parties par milliard. Or, s'il y en avait autant, Curiosity aurait dû le détecter aussi.

L’auteur de la «découverte» de 2003, Michael Mumma, du Centre des vols spatiaux Goddard, affilié à la NASA, ne baisse pas les bras, alléguant que le «signal» du méthane était sporadique. Son hypothèse est que le gaz jaillit par intermittences, comme si la source était enfermée sous la surface et relâchait de temps en temps ses surplus. Mais cette hypothèse supposerait l’existence d’un mécanisme inconnu par lequel le méthane serait rapidement détruit, au lieu de se maintenir dans l’atmosphère pendant des décennies.

Le spectromètre de Curiosity a déjà été utilisé à cette fin à quatre reprises et reprendra l’expérience au cours des prochaines semaines, notamment en visant une détection de méthane à un niveau plus faible encore (moins d’une partie par milliard). Le problème, c’est que lorsqu’on atteint un niveau aussi bas, la source de méthane peut être «non-biologique» : des comètes tombées sur Mars ou des processus géologiques peuvent produire de minuscules échappées de de gaz.