lima_cop20_cmp10.jpg
Alors que la conférence annuelle des Nations Unies s’ouvre au Pérou, bien des regards sont tournés vers l’Inde: est-ce que l’autre grande puissance émergente va suivre les pas de la Chine et prendre des engagements de réduction de ses gaz à effet de serre?

Depuis des années, on n’attend plus grand-chose de cette grand-messe annuelle, et les prédictions pour celle de Lima, qui dure jusqu’au 13 décembre, sont mitigées. Mais le récent accord entre la Chine et les États-Unis a changé la donne: l’argument des grandes puissances, qui était de ne pas agir tant que le grand voisin n’avait pas agi, n’est plus valable. Pour les négociateurs, l’horizon de la rencontre suivante des Nations Unies, à Paris dans 12 mois, est soudain moins sombre. C’est à Paris, en décembre 2015, que devrait se décider le futur traité international de réduction des gaz à effet de serre.

Abonnez-vous à notre infolettre!

Pour ne rien rater de l'actualité scientifique et tout savoir sur nos efforts pour lutter contre les fausses nouvelles et la désinformation!

Or, rappelle l’économiste Michael Greenstone, l’Inde a les mêmes motivations que la Chine: la pollution de l’air atteint des taux alarmants dans les grandes villes; ces dernières n’arrivent même pas à se conformer aux normes anti-pollution pourtant modestes de leurs propres pays. L’espérance de vie en souffre, et l’économie aussi, selon une étude co-signée par Greenstone en 2013. En se donnant pour objectif de se libérer de sa dépendance aux centrales au charbon, la Chine atteint deux cibles en une: améliorer les conditions de vie, et miser sur une économie d’avenir. Rien que ça, écrit l’économiste, constitue une motivation pour l’Inde:

Ces dernières semaines, le premier ministre indien Narendra Modi a publiquement reconnu que son pays avait un sérieux problème de pollution, qui pourrait même être pire qu’en Chine. Il a d’abord annoncé son intention de rendre publiques les données sur la qualité de l’air. La semaine dernière, son gouvernement a dit qu’il annoncerait de nouvelles normes d’émissions pour les centrales électriques.

Mais même sans un engagement formel de l’Inde ce mois-ci, l’accord Chine-USA a changé la donne, résume le journaliste environnemental Ari Phillips dans le blogue Climate Progress . Les engagements respectifs des deux plus gros pollueurs du monde aux horizons 2030 et 2050, de même que les engagements déjà plus anciens de l’Union européenne, seront intégrés aux négociations de cette semaine. Comme le but de ces négociations est de fournir un premier jet de l’éventuelle entente de l’an prochain, la réaction des politiciens qui se présenteront à Lima la semaine prochaine, donnera une idée du chemin qui reste.

À surveiller à Lima cette semaine:

  • Des discussions sur les mécanismes de surveillance de ces réductions d’émissions: quelles pénalités pour un pays qui ne se conformerait pas à ses objectifs?

Scénario possible pour Paris l’an prochain:

  • Une réduction, à l’échelle planétaire, de 40 à 70% des émissions de gaz à effet de serre par rapport à leurs niveaux de 2010, d’ici 2050.
  • Un engagement formel de réduction des 190 pays présents, et non, comme c’était le cas avec l’accord de Kyoto à l’époque, des seuls pays industrialisés.

Je donne