L’Australie a battu un record de température moyenne le 17 décembre, qui a été battu le 18 décembre, qui a été battu le 19 décembre. Une succession qui s’est inscrite dans une nouvelle année d’extrêmes météorologiques.

Sur l’autre hémisphère, au Groenland, une étude parue dans Nature il y a 2 semaines révèle que la fonte de la calotte glaciaire s’est accélérée depuis les années 1990. Rien que cette année, la grande île aurait perdu environ 370 milliards de tonnes de glace —alors que la moyenne annuelle, depuis les années 1990, était d’environ 250 milliards, et que même cette moyenne signifiait un léger déficit entre les pertes de glace normales de chaque été et les gains de chaque hiver. 

Les feux de forêt qui dévastent l’Australie en cette fin d’année —le 20 décembre, on en avait compté 200 dans 5 États— ont bien davantage attiré l’attention en 2019 que les records de température, mais les uns nourrissent les autres, et toute la question —à laquelle les climatologues sont pour l’instant incapables de répondre— est de savoir à quelle fréquence ces incendies vont revenir. Une question qui a également été cette année sur la table des autorités de l’Alaska, de l’Arctique canadien et de la Sibérie, cette dernière en particulier ayant vécu une année de feux de forêts « supérieure à la normale ». 

Les grandes chaleurs ont par ailleurs fait des dégâts, à un niveau plus anecdotique, lors des Mondiaux d’athlétisme, tenus au bord du Golfe Persique: un nombre record d’abandons au marathon féminin, alors que la « température ressentie » atteignait les 42 degrés… à 3 heures du matin. Une anecdote en apparence de peu d’intérêt, à côté des morts causés par les incendies, mais qui rappelle qu’il y a des limites à la résistance du corps humain et qu’une canicule reste l’événement météorologique le plus dangereux pour nous.

Déception pour ceux qui, dans le Nord-est de l’Amérique du Nord, incluant le Québec, espéraient « profiter » du futur réchauffement, il y a une hypothèse qui semble gagner en force: celle voulant que ce réchauffement planétaire accroîtrait dans cette région le risque de grands froids, comme ceux de janvier 2019. Le coupable: le courant-jet polaire (jet stream) qui, en temps normal, « emprisonne » l’air froid au-dessus de l’Arctique. L’hypothèse: plus l’Arctique se réchauffe et plus le parcours sinueux du courant-jet est à risque de descendre plus souvent vers le Sud pendant l’hiver, amenant avec lui des masses d’air très froid.