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Ici et là, des mouvements antivaccination, des groupes créationnistes et des climatosceptiques. Et tous, comme on l’a vu récemment au Québec avec une publicité anti-science, sont assez bien organisés et financés. Pourquoi cela? Parce que partout où l’idéologie entre en conflit avec la science, l’idéologie gagne.

La croyance populaire associe traditionnellement ces mouvements à l’inculture scientifique, mais en réalité, les recherches de la dernière décennie ont plutôt démontré une corrélation avec la politique.

On a par exemple appris qu’aux États-Unis, le fait d’être républicain augmente les chances d’être climatosceptique. Plus étonnant encore, le fait d’être républicain et d’avoir une formation universitaire renforce le doute à l’égard des changements climatiques!

Un des facteurs qui explique cette polarisation, c’est la perception négative qu’une partie de la population a de la science: ennuyeuse, incompréhensible, élitiste... Normalement, écrit la communicatrice scientifique australienne Jayde Lovell, la recette serait simple: tout groupe avec un pareil problème d’image ferait appel à des relationnistes. Sauf que, poursuit-elle, de l’autre côté de la barrière, d’autres groupes y ont déjà pensé: les compagnies de tabac, de charbon, de gaz, du pétrole... Et ils sont bien plus efficaces, parce qu’ils utilisent la carte de l’idéologie, donc de l’émotion. Ce que cela signifie, explique le psychologue Dan Kahan, c’est qu’en utilisant cette carte, ils rallient la partie de la population qui va se tourner spontanément vers le groupe auquel elle s’identifie, plutôt que d’essayer de décortiquer des informations purement factuelles. Autrement dit, à cet affrontement des relations publiques, la science part avec plusieurs longueurs de retard.