Une revue sur l’homéopathie a été éjectée de l’index officiel des citations scientifiques... en raison de sa pratique consistant à se citer elle-même un peu trop souvent.

Thomson Reuters est une de ces compagnies dont la communauté scientifique aurait bien du mal à se passer. C’est elle qui est derrière l’Index des citations des publications scientifiques et l'un de ses rejetons, le classement annuel des publications : c’est grâce à ce classement qu’un expert peut vérifier quelles publications de son domaine ont la meilleure « note » ou le meilleur « facteur d’impact ». En d’autres termes, la publication à laquelle il convient de proposer un article, s’il veut augmenter ses chances d’être cité par ses pairs et, du coup, d'obtenir une subvention de recherche l’année suivante...

Or, accompagnant la dernière édition du classement annuel publiée la semaine dernière, au milieu des 11 365 publications recensées dans 81 pays, il y avait une courte liste de 18 revues retirées de la liste. La raison invoquée dans 16 des 18 cas : « l’autocitation ».

Homeopathy est l’une de ces 16 revues. Selon Thomson Reuters, le taux « d’autocitation » y atteignait 71 % en 2015. Les 15 autres oscillent entre 52 et 78 %. Un taux élevé d’autocitation peut être une façon facile de gonfler un facteur d’impact et du coup, de grimper dans le classement...

Mais une autre question se pose : que fait une revue sur l’homéopathie dans un index des citations scientifiques ? Une partie de la réponse : l’éditeur s’appelle Elsevier, l’un des plus gros éditeurs de revues scientifiques au monde. Interrogé à ce sujet par les blogueurs de Retraction Watch , le porte-parole d’Elsevier a répondu que « nous soutenons le débat autour de cette question ».

Une visite de la page d’accueil d’Homeopathy conduit d’ailleurs vers 16 autres publications d’Elsevier aux titres pour le moins controversés, dont le Journal of Acupuncture and Meridian Studies. Elsevier s’était par ailleurs retrouvé dans l’eau chaude en 2010 pour des articles douteux acceptés par une revue appelée Medical Hypotheses , ainsi qu'en 2009 lorsqu’on avait appris qu’il avait publié six fausses revues médicales à seule fin de promouvoir des études de la compagnie pharmaceutique Merck.