Les premiers humains arrivés sur les hauts plateaux du Tibet étaient peut-être des Dénisoviens, ces mystérieux cousins dont on sait encore peu de choses. C’est du moins ce que suggère l'âge des outils de pierre découverts récemment.

Culminant en moyenne à 4000 mètres d’altitude, et avec une température annuelle de zéro degré, le Tibet aurait commencé à être occupé il y a seulement 12 000 ans, puis colonisé il y a seulement 3600 ans. Dans la dernière décennie, la science a identifié des marqueurs génétiques qui pourraient expliquer la résistance des Tibétains à une pression atmosphérique amoindrie — c’est-à-dire jusqu’à 40 % moins d’oxygène que ce qu’on retrouve au niveau de la mer.

En 2014, une de ces analyses génétiques émettait comme hypothèse que ces gènes pourraient provenir à l’origine des Dénisoviens. Et cette semaine, des chercheurs annoncent dans la revue Science qu’un site archéologique appelé Nwya Devu, situé à 4600 mètres d’altitude, aurait révélé des outils de pierre vieux de 30 à 40 000 ans.

Le site de Nwya Devu récolte en même temps la palme du site paléolithique le plus en altitude au monde.

Ces outils pourraient-ils avoir été façonnés par ces Dénisoviens ? On désigne sous ce nom des humains qui, tout comme les Néandertaliens, sont vraisemblablement des descendants de ceux qui, longtemps avant l’Homo sapiens, ont quitté l’Afrique et migré à travers l’Europe et l’Asie. Par la suite, au cours des 60 000 dernières années, des Homo sapiens ayant à leur tour quitté l’Afrique ont croisé la route de ces cousins Dénisoviens et Néandertaliens, ont eu des enfants, et certains des gènes ont survécu jusqu’à nous.