Les réseaux sociaux se sont émus cette semaine du fait que l’État de l’Ohio semble vouloir voter une loi qui autoriserait les élèves à donner une réponse scientifiquement fausse, en autant qu’ils invoquent une raison religieuse. Qui plus est, il s’avère que ce n’est même pas une première, une loi similaire va déjà dans la même direction en Floride.

En Ohio, a-t-on en effet appris cette semaine, les élus de la chambre basse ont adopté le « Student Religious Liberties Act ». En vertu d’un de ses articles, un étudiant pourrait en théorie ne pas être pénalisé si, par exemple, il répond dans un test de science que la Terre est vieille de 10 000 ans, et qu’il invoque ses croyances religieuses.

L’interprétation de cet article reste contestable, mais il n’en demeure pas moins qu’il est là pour répondre aux doléances des parents qui invoquent leur « liberté » à refuser que certains pans de la science soient enseignés comme des faits.

Le projet de loi doit à présent être étudié par la chambre haute de l’État.

Or, il se trouve que la Floride est déjà passée par là. La loi porte le nom de « Religious Expression in Public Schools », elle a été dûment votée par les deux chambres, et signée par le gouverneur Rick Scott en juin 2017. Elle contient elle aussi une phrase ambiguë: « un district scolaire ne peut pas discriminer un enfant, un parent ou un employé sur la base d’un point de vue religieux ». Cette phrase semble permettre à un professeur défendant le créationnisme de s’en tirer sans dommages, ou à des parents d’imposer leurs croyances religieuses dans l’enseignement de la biologie. C’est en tout cas ainsi que l’a compris une association religieuse appelée Alliance des citoyens de Floride, qui a promis d’utiliser cet article de la loi pour défendre « la vision chrétienne des origines de la vie ». La théorie de l’évolution disent-ils, « est une théorie, et la vision biblique est une théorie, et nos enfants devraient se faire enseigner les deux de manière équilibrée ».