À quel moment le fait de court-circuiter les étapes dans le développement d’un vaccin contre le nouveau coronavirus devient-il dangereux? C’est la question à laquelle devront répondre les chercheurs qui, à travers le monde, travaillent à toute vapeur —au point où, dans un cas, certains sont en train de passer outre à l’étape des tests sur des animaux.

En temps normal, le développement d’un vaccin peut prendre de 15 à 20 ans. Un délai évidemment impensable dans le cas du Covid-19. C’est ainsi qu’une équipe de Cambridge, Massachusetts, est déjà, depuis le début de mars, en train de recruter des patients pour un vaccin expérimental. Avec l’autorisation du NIH (National Institutes of Health, le plus gros organisme subventionnaire public de la santé) dont des scientifiques travailleront en parallèle sur des tests sur des souris. C’est la firme de biotechnologie Moderna qui a obtenu cette autorisation d’aller de l’avant avec 45 humains, a indiqué celle-ci au magazine médical Stat News

En temps normal, les organismes de réglementation exigent évidemment qu’un médicament expérimental ait prouvé son efficacité sur des animaux avant d'être testé sur des humains. Mais surtout, qu’il ait prouvé son absence d’effets secondaires, puisque c’est ce dernier aspect qui inquiète ceux qui n’aiment pas qu’on saute les étapes. 

On n’en sait pas plus sur le formulaire de consentement qu’ont dû signer les « cobayes », censé normalement faire état de risques —qui sont, dans ce cas-ci, plus élevés qu’à l’habitude. Reste que même dans ce scénario accéléré, il faudra encore un an avant qu’un vaccin ne soit commercialisé, si jamais il doit l’être.