Détecter une collision entre deux trous noirs n’est pas plus facile que de détecter des trous noirs: la collision est en effet tout aussi invisible que les deux objets eux-mêmes. Toutefois, une telle collision a récemment émis suffisamment de chaleur et de lumière pour devenir visible pendant un bref instant.

En mai 2019, des astronomes avaient détecté des ondes gravitationnelles indiquant une possible collision entre deux trous noirs. La toute première détection de telles ondes, en 2016, avait aussi été associée à une telle collision.

Et puis, 34 jours après celle de 2019, une autre équipe a observé une importante fluctuation de luminosité dans la même région, résultat de la collision.

Selon les chercheurs, les deux trous noirs gravitaient autour d’un troisième beaucoup plus massif. Ils se trouvaient ainsi au milieu d’un disque composé d’étoiles, d’autres trous noirs, de poussières et de gaz : un environnement idéal pour des collisions. Le trou noir formé a été éjecté temporairement hors du disque, causant les fluctuations de luminosité observées.

Plusieurs collisions entre deux trous noirs ont été répertoriées, mais aucune n’avait émis de lumière détectable jusqu’à présent. Ces observations pourraient expliquer dans quelles circonstances des trous noirs se fusionnent pour en créer d’autres, encore plus immenses. Ou du moins, se formaient: l’événement dont il est question ici s’est produit il y a 4 milliards d’années.

 

 

Photo: Représentation d’artiste d’un trou noir hyper-massif, à l’horizon, et de deux plus petits qui lui tournent autour au sein d’un disque de poussière et de gaz. R. Hurt/IPAC/Caltech