Et si la naissance de Pluton s’était faite dans la chaleur plutôt que dans le froid glacial qui règne là-bas? C’est la plus récente hypothèse expliquant la formation de cette planète naine, que résume l’astronome Phil Plait sur son blogue Bad Astronomy.

Selon l’hypothèse classique, Pluton se serait formée grâce à l’accumulation de matériel froid, comme des roches et de la glace. Le tout aurait ensuite partiellement fondu en raison de la radioactivité, créant un océan sous la surface de glace —un océan qui, incidemment est peut-être encore là aujourd’hui.

Toutefois, selon trois chercheurs américains publiant dans la revue Nature Geoscience, l’analyse d’images prises en 2015 par la sonde New Horizons ne soutient pas cette explication. Si Pluton avait d’abord été froide puis avait réchauffé, sa surface de glace se serait contractée et aurait laissé des traces d’une telle compression, semblables à des replis rocheux. Pourtant, on observe plutôt de longues fissures, signes d’expansion.

Les scientifiques proposent donc que les roches et les morceaux de glace qui ont formé Pluton disposaient de suffisamment d’énergie pour fondre d’eux-mêmes dès leur collision. Un océan se serait ainsi créé à la surface et la glace qui recouvre Pluton aujourd’hui serait apparue lors de son refroidissement, expliquant les traces d’expansion.

Photo: la plaine Spoutnik, en-dessous de laquelle dort peut-être un océan. Source: NASA / Johns Hopkins University