Se retrouver au coeur d’un événement météorologique extrême, c’est grave. Quelle est la probabilité d’en vivre deux en même temps ?

C’est la question à laquelle une équipe de chercheurs australiens tente de répondre. Dans un pays qui a connu l’hiver dernier des incendies dévastateurs, qui suivaient des canicules mortelles, qui étaient accompagnées de sécheresses d’une durée hors du commun…  Pourrait-on non seulement évaluer le risque que de telles combinaisons se (re) produisent, mais en plus, identifier les régions du globe qui sont les plus à risque?

Leur modèle, publié le 24 novembre dans la revue Nature Communications, s’appuie sur une analyse de tels événements survenus entre 1980 et 2014. Leur conclusion est qu’il existe effectivement des régions qui devront s’attendre dans le futur à être frappées par plus d’un événement en même temps. Et le type de combinaison varie d’un continent à l’autre: davantage de combinaisons « humides » (précipitations extrêmes, tempêtes de grêle, marées extrêmes) dans l’est de l’Amérique du Nord par exemple, et davantage de combinaisons « sèches » (sécheresses, canicules, feux de forêt, forts vents) en Russie, en Australie et dans l’ouest de l’Amérique du Nord. Ces dernières combinaisons, qui peuvent être amplifiées par des phénomènes semi-cycliques comme El Nino, peuvent s’étaler sur des mois, alors que les combinaisons « humides » se mesurent en heures ou en jours.

Selon les auteurs, bien que les analyses d’événements extrêmes aient été nombreuses depuis 15 ans, il y a eu peu de recherches sur la probabilité de ce que ces experts appellent les « événements composés multivariés ». Or, l’intérêt pour ces prédictions n’est pas que météorologique: l’interaction de plus d’un événement extrême entraîne souvent plus de dégâts écologiques et économiques que si les deux événements étaient survenus séparément.