Comme si l’ornithorynque n’était pas un animal déjà assez bizarre, voilà qu’on apprend qu’il peut aussi… briller dans le noir.

Le terme exact est « biofluorescence ». Similaire à la phosphorescence, à ceci près que cette dernière dure plus longtemps. Dévoilée en octobre, cette particularité étrange de ce mammifère étrange —il pond des oeufs, possède un bec de canard et une queue de castor— a suffisamment suscité de curiosité pour que d’autres spécialistes des mammifères interviennent dans la discussion et en ajoutent une couche: il est possible que plus de mammifères qu’on ne le croyait brillent bel et bien d’une faible lueur.

La fluorescence est présente chez plusieurs espèces de poissons, chez des reptiles et des amphibiens, mais on n’en recensait, avant l’ornithorynque, que deux chez les mammifères. Or, le conservateur de l’aile des mammifères d’un musée australien a dévoilé des photos prises dans son établissement, la nuit, avec une lampe à lumière noire qu’il avait empruntée pour l’occasion, après avoir été intrigué par la recherche sur l’ornithorynque. Ses collègues et lui ont trouvé quelques spécimens qui émettaient effectivement une faible lueur, dont un petit marsupial appelé le wombat (photo ci-dessus). Reste à faire des tests plus élaborés —et sur des animaux vivants si possible.

Cette « émission » de lumière se produit lorsque certains pigments —dans les poils, dans les écailles ou dans la peau— sont capables d’absorber des rayons ultraviolets —invisibles à l’oeil nu. Étonnamment, les biologistes sont toujours partagés sur son utilité: une recension, en 2017, de centaines d’animaux et de végétaux qui partagent cette particularité, n’avait pu pointer que quelques cas où elle jouait un rôle —pour le camouflage ou pour attirer un partenaire.