Lorsqu’ils sont plus sévèrement malades à cause de la COVID, ils sont plus à risque d’en mourir. Et ils n’ont toujours pas accès à des vaccins.

Sur l’ensemble du continent africain, le taux de mortalité des cas sévères de COVID est beaucoup plus élevé qu’ailleurs, résume un rapport publié le 20 mai dans la revue médicale The Lancet. C’est en bonne partie en raison de systèmes de santé plus fragiles ou d’unités de soins intensifs en manque d’équipements et d’oxygène.

Mais s’ajoute à cela un autre problème: en date du 20 mai, sur environ 750 millions de personnes dans le monde qui avaient reçu au moins une première dose du vaccin, moins de 25 millions étaient en Afrique. Et il pourrait s’écouler plusieurs mois, voire un an, avant que la vaccination atteigne un pourcentage significatif de la population.

Le rapport du Lancet, qui s’appuie sur les données de 64 hôpitaux dans 10 pays, serait le premier, selon ses auteurs, à offrir un regard approfondi sur les patients de ce continent qui sont allés aux soins intensifs à cause de la COVID. Le taux de mortalité est évalué à 48%, contre une moyenne internationale de 31,5%. Et il est possible que le vrai pourcentage soit encore plus élevé: le tiers de ces hôpitaux sont en Égypte et en Afrique du Sud, deux pays qui disposent de meilleures ressources que plusieurs de leurs voisins.

Ce taux de décès, rappellent les chercheurs, s’applique uniquement aux cas sévères. Il faut savoir que jusqu’ici, les données sur l’évolution de la pandémie n’ont été que fragmentaires dans la plupart des pays d’Afrique. Ces données ont suggéré un taux de mortalité qui serait moins élevé qu’ailleurs dans le monde, mais plusieurs facteurs pourraient expliquer cela, à commencer par le fait que l’interruption des voyages internationaux a peut-être simplement limité ou retardé les entrées du virus sur le continent.

En attendant, d’autres signaux d’alerte apparaissent cette semaine ailleurs dans le monde: l’Argentine a annoncé jeudi un resserrement des mesures de confinement, alors que la deuxième vague s’accélère, dépassant même les records de cas et d’hospitalisations de la première vague. L’Inde a rapporté mercredi plus de décès en une journée (plus de 4500) que tout autre pays depuis le début de la pandémie. Et le Japon, à moins de deux mois de l’ouverture prévue des Jeux Olympiques, est toujours aux prises avec sa quatrième vague: bien qu'étant moins dramatique que celles des Argentins ou des Indiens, elle se traduit cette semaine par environ 5500 cas par jour, contre 1000 au début de mars.À Osaka, deuxième plus grande ville, les hôpitaux craignaient lundi de manquer de lit. Et cela se produit dans un contexte où seulement 4% de la population du Japon a reçu une première dose du vaccin, contre 18% en Argentine.

 

Texte mis à jour le 25 mai à 11h avec l'ajout de la phrase sur Osaka.