Des pluies diluviennes peuvent évidemment provoquer beaucoup de dégâts. Mais une simple augmentation des journées de pluie peut aussi avoir des impacts économiques importants. Un avertissement pour les régions du globe où les précipitations, à la hausse ou à la baisse, seront un des impacts des changements climatiques.

Trois chercheurs allemands de l’Institut Potsdam de recherches sur l’impact climatique ont publié le 12 janvier dans la revue Nature une analyse du nombre de journées de pluie et de la quantité de pluie tombée, depuis 40 ans, dans 1554 régions de 77 pays. Ils ont ensuite cherché des corrélations avec les données économiques de ces régions.

Il en ressort, écrivent-ils, un impact positif ou négatif suivant le type d’augmentation des précipitations: ainsi, une plus grande quantité de pluie totale dans l’année peut « bénéficier à la croissance économique », du moins dans les pays riches. Mais ces bénéfices disparaissent vite: une augmentation du nombre de journées où il tombe plus d’un millimètre de pluie résulte en une diminution du taux de croissance. Et ce sont les industries et le secteur des services qui sont davantage affectés par cette hausse des précipitations, plutôt que l’agriculture. Quoique celle-ci est affectée lorsque ces précipitations deviennent « extrêmes ».

À l’inverse, une diminution radicale des pluies, voire une sécheresse, cause « des pertes fortes et significatives » un peu partout. Cela signifie que les économies semblent davantage capables de s’adapter à une « déviation de la norme » vers le haut, c’est-à-dire davantage de pluies que la moyenne mensuelle, mais ces mêmes économies ont beaucoup plus de mal avec une déviation « négative », c’est-à-dire beaucoup moins de pluies que la moyenne.

Il pourrait s’agir, écrivent les trois chercheurs, de la première confirmation à grande échelle de cet effet direct et mesurable sur l’économie. Mais de telles analyses ont déjà été faites dans certains pays, notamment les États-Unis: une étude publiée en 2017 concluait par exemple que les « anomalies climatiques régionales » pouvaient à présent expliquer jusqu’à 70% des variations de la productivité agricole et que, si la tendance se maintenait, le secteur agricole des États-Unis pourrait redescendre, vers 2050, à sa productivité d’avant 1980.

Ces études, régionales ou internationales, s’inscrivent dans une tendance pour mieux se préparer aux impacts des futurs changements climatiques. En particulier l’augmentation des événements extrêmes: à l’heure actuelle, « la plupart des modèles climatiques sous-estiment les précipitations extrêmes ».

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