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L’état des oiseaux nord-américains, publié la semaine dernière, a surpris. Il s’inscrit pourtant dans une tendance qui n’étonne pas les ornithologues.

Plus d’un tiers des 1154 espèces d’oiseaux d’Amérique du Nord (Canada, États-Unis et Mexique) est « à risque élevé » d’extinction et la moitié est « à risque modéré ». C’est ce qui se dégageait du State of the Birds 2016 , publié le 18 mai par l’Initiative de conservation des oiseaux nord-américains, une création conjointe des trois gouvernements remontant à 1999.

La forêt boréale compte 73 de ces espèces, dont le quart se retrouve dans la liste « risque élevé ». Quelques noms : la grive de Bicknell, présente au Québec et dans les Maritimes, la Paruline du Canada ou encore la Moucherolle à côtés olive. Mais la forêt boréale n’est pas la région qui inquiète le plus. Son immensité, le fait qu’elle soit encore intacte à 80 %, mais aussi que l’Ontario et le Québec en aient protégé de vastes zones, mettent ses oiseaux moins en péril que ceux des régions océaniques et des forêts tropicales. Là-bas, plus de la moitié des espèces sont « sous surveillance » : les populations déclinent et leurs habitats sont rongés par l’homme.

Néanmoins, le rapport ne contient pas de surprises. D’autres recherches ont récemment pointé un déclin sévère des populations d’oiseaux un peu partout dans le monde : selon une étude dirigée par Michelle Paleczny, de l’Université de Colombie-Britannique, publiée à l’été 2015, les oiseaux marins semblent particulièrement vulnérables, avec un déclin de 70 % en 60 ans.

Et, plus largement, le Livre Rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) évalue à quelque 40 % les espèces d’amphibiens menacées avec un bémol : le Livre Rouge évalue plus de 75 000 espèces, mais cela ne représente qu’une fraction du 1,7 million d’espèces officiellement recensées. L’UICN a même ajouté une dimension au problème en 2013, en publiant une liste des écosystèmes menacés.