Le hasard nous fait parfois de drôle de clin d’œil. Il a voulu ce matin, premier jour de cours en présence à l’université, que je sois invité dans un cours à l’UQAM pour parler de la neurobiologie du bonheur ! Quelle joie ce fut donc de m’adresser de vrais êtres humains en personne, même si je ne voyais que le tiers supérieur de leur visage à cause des masques. Mais bon, c’était nettement moins déprimant qu’une conférence sur Zoom. Espérons que nous pourrons bientôt échanger à nouveau à plusieurs avec tous le feedback des expressions faciales qui rendent toute communication plus riche et plus intense. Par conséquent, comme je n’ai pas pu rien écrire ce matin, et comme j’ai écrit de longs billet depuis le début de 2022 (sur les 20 ans du site web, sur mon livre en cours d’écriture et sur le brouillage entre science et politique), je me contenterai cette semaine de vous signaler le pdf de cette conférence disponible dans la section Présentations du site.

Et de vous retranscrire simplement ici le résumé qui y figure :

Cette présentation établira quelques liens entre les connaissances contemporaines sur le fonctionnement du cerveau et la question du bonheur ou, du moins, du plaisir et du bien-être. Elle rappellera, par exemple, que le travail du cerveau, c’est de permettre au corps d’approcher les ressources bonnes pour lui et d’éviter les dangers. Bref, de rester en vie!

Est-ce que ça suffit pour être heureux? Est-ce que le sport, les drogues, l’amour ou l‘argent sont un gage de bonheur? Et qu’en est-il de choses simples et naturelles comme l’absence de stress ou nos relations avec nos proches ? Iraient-elles dans le sens de cet « état durable de plénitude » qui définit le bonheur ?

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En terminant, et en lien avec mon billet de blogue de la semaine dernière, je ne peux pas passer sous silence l’éditorial du British Medical Journal (BMJ) du 19 janvier dernier intitulé : Covid-19 vaccines and treatments: we must have raw data, now. Le BMJ, l’une des revues médicales les plus anciennes et réputées au monde, a fait une sortie engageant tout le journal (car rédigé par Peter Doshi, senior editor,  Fiona Godlee, former editor in chief et Kamran Abbasi, editor in chief) pour exiger des Pharma comme Pfizer et Moderna qu’elle rendent accessibles toutes les données de leurs essais cliniques maintenant, et pas dans des années comme elles le promettent. Que le BMJ mette explicitement tout son poids dans cette affaire montre à quel point la situation actuelle est éthiquement déplorable.

Je vous laisse avec la fin de leur plaidoyer qui commence en faisant allusion à la saga du Tamiflu quand, il y a une décennie, les gouvernements avaient acheté pour des milliards de dollars cet antiviral contre l’influenza et pour lequel il n’a jamais été démontré qu’il réduisait les risques de complications, d’hospitalisations ou de décès. Et surtout, au fait que la plupart des données des essais cliniques des pharmaceutiques n’avaient pas été rendues publiques.

Twelve years ago we called for the immediate release of raw data from clinical trials.1 We reiterate that call now. Data must be available when trial results are announced, published, or used to justify regulatory decisions. There is no place for wholesale exemptions from good practice during a pandemic. The public has paid for covid-19 vaccines through vast public funding of research, and it is the public that takes on the balance of benefits and harms that accompany vaccination. The public, therefore, has a right and entitlement to those data, as well as to the interrogation of those data by experts.

Pharmaceutical companies are reaping vast profits without adequate independent scrutiny of their scientific claims.33 The purpose of regulators is not to dance to the tune of rich global corporations and enrich them further; it is to protect the health of their populations. We need complete data transparency for all studies, we need it in the public interest, and we need it now.