Par Jessica Beauplat, journaliste

Ce texte est un compte rendu des ateliers «coup de cœur» de notre journaliste alors qu’elle assistait pour la première fois au congrès sur l’éducation aux médias et à l’information de l’UNESCO, qui s’est tenu récemment, à Göteborg, en Suède.

Être sélectionnée pour assister à ce congrès international a été pour moi un réel privilège.

L’idée de rencontrer des leaders passionnés venus d’un peu partout dans le monde, pour discuter des enjeux actuels entourant la désinformation, et des solutions innovatrices qui pouvaient être mises de l’avant pour contrer les fausses nouvelles, m’a tout de suite plu dans l’appel à candidatures du programme de développement de carrière des Offices jeunesse internationaux du Québec.

J’avais envie de voir comment ça se passait ailleurs pour mes collègues. Faisons-nous face aux mêmes enjeux? Auraient-ils trouvé des solutions à certains problèmes que je pourrais utiliser à mon tour?

En route vers la Suède!

L’éducation, le rôle de tous

Tout au long de l’événement, auquel assistaient plus de 300 congressistes, un même message : nous avons tous une part à jouer pour préserver la vitalité et la santé de l’information. Les journalistes, comme les enfants et leurs parents. Même la population plus âgée, de plus en plus active sur les réseaux sociaux.

Les pays scandinaves, précurseurs dans le domaine de l’éducation aux médias et à l’information, s’intéressent au phénomène de près et ont déjà mis en place des solutions pour contrer la désinformation.

Des initiatives inspirantes

D’abord, le projet The News Evaluator qui a été lancé en Suède dans le cadre de la Nuit des chercheurs européens en 2017. La deuxième phase de ce projet a vu le jour l’année suivante et se poursuivra jusqu’au printemps 2020.

L’objectif à terme de ce projet est de développer un outil pouvant être utilisé à la fois par les écoles et par le grand public. L’élément déclencheur : nombreux sont les jeunes qui s’informent sur les sites web et les médias sociaux. Parallèlement, certains acteurs utilisent ces canaux pour répandre la peur et les préjugés au moyen de fausses informations. Afin de sensibiliser les adolescents à cette désinformation rampante, un événement spécial a été organisé durant la dernière campagne électorale suédoise, lequel a permis à des chercheurs d’enquêter sur les informations politiques dans les flux numériques des jeunes participants. 

Le Data Detox Kit est né d’un effort conjoint entre deux organisations qui œuvrent en technologie et la Fondation Mozilla. Le concept offre des pistes de réflexion, des astuces et des actions à suivre sur huit jours, permettant aux participants de prendre conscience des données qu’ils laissent sur le web et de l’emprise que le numérique peut avoir sur leurs vies, tout ça dans le but de les aider à reprendre le contrôle. Un petit kiosque — le Data Detox Bar — avait même été monté pour l’occasion où des coffrets étaient en démonstration.

Dans certaines écoles suédoises et finlandaises, de jeunes élèves apprennent à penser et à lire l’information comme un journaliste et à créer du contenu à leur tour. Le message à passer : ils ne peuvent plus se fier aveuglément à l’information qu’ils reçoivent, ils doivent garder en tête que celle-ci peut être fausse ou manipulée.

D’autres initiatives sont présentées dans le livret remis aux congressistes et disponible gratuitement en version numérique, Understanding Media and Information Literacy (MIL) in the Digital Age —A Question of Democracy.

Les fausses nouvelles du futur

Un autre atelier coup de cœur, celui donné par Rachel Schnalzer, éditrice du Los Angeles Times et responsable du développement des publics. Au travers de ses emplois précédents chez Snapchat et BuzzFeed, Mme Schnalzer a côtoyé plusieurs YouTubeurs.

Si elle ne perçoit pas ceux-ci comme une menace pour l’information ou la démocratie, elle estime que, s’ils sont bien guidés, ces jeunes peuvent au contraire contribuer à diffuser un message qui ne passerait autrement pas. «Il est possible d’enseigner à ces jeunes comment ils peuvent s’engager à créer du contenu de manière responsable», expliquait-elle, en vérifiant l’information auprès de plusieurs sources différentes avant de la partager, en l’indiquant clairement à l’écran ou encore dans la description au bas de la vidéo.

Célébrez la Semaine mondiale de l’éducation aux médias et à l’information

Du 24 au 31 octobre, l’UNESCO invite le public à prendre part aux manifestations qui auront lieu partout sur la planète pour célébrer la Semaine mondiale de l’éducation aux médias et à l’information 2019.

Pour en savoir plus : https://fr.unesco.org/commemorations/globalmilweek/2019/aroundtheworld

Pour en lire plus sur le sujet et tester vos connaissances : https://fr.unesco.org/MILCLICKS