Les changements climatiques affectent aussi les oiseaux. Les hausses des températures et la déforestation pourraient entraîner la disparition de près de 900 espèces d’ici 2050.

Walter Jetz et ses collègues de l’Université de Californie, à San Diego, ont cherché à analyser l’impact des activités humaines sur la qualité de vie des oiseaux terrestres. Ils ont tracé une carte des habitats et des lieux de nidification des 8750 espèces d’oiseaux terrestres connues sur la planète. Selon leur étude, le nombre d’espèces menacées inscrites sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la Conservation de la Nature risque de doubler d’ici la fin du siècle.

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«Les oiseaux qui vivent dans les régions tempérées souffriront surtout des changements climatiques. Mais dans les Tropiques, les oiseaux perdront leur territoire principalement à cause de la coupe des arbres pour convertir les forêts en terres agricoles», explique M. Jetz.

Les experts ont utilisé les données fournies par le Le Millennium Ecosystem Assessment (MEA) pour tenter de prédire le destin des oiseaux. Le MEA est un projet parrainé par les Nations Unies qui a vu le jour en 2001. Il a réuni pendant cinq ans 1,300 experts à travers le monde pour estimer l’impact des changements climatiques sur les écosystèmes et trouver des façons de les protéger.

Tout en étant très optimiste et en tenant compte des actions globales qui pourraient être entreprises pour contrer les changements climatiques et ralentir la déforestation, les chercheurs estiment que près de 1000 espèces d’oiseaux terrestres perdront plus de la moitié de leur territoire d’ici la fin du siècle. Les oiseaux de l’Arctique et de l’Antarctique souffriront davantage des perturbations provoquées par les changements climatiques», explique Andrew Dobson, biologiste à l’Université Princeton, au New Jersey. Les oiseaux des Pôles sont moins nombreux que leurs cousins des Tropiques et occupent un plus grand territoire. Ils réussiront peut-être mieux à s’adapter à un nouvel habitat. C’est une toute autre histoire pour les nombreuses espèces qui vivent près de l’Équateur et qui occupent un territoire restreint. Là, la déforestation d’un simple bout de forêt risque d’entraîner la disparition de l’habitat d’une espèce entière. Les experts estiment que les oiseaux connaîtront une réduction de leur territoire de 26% d’ici 2050 et de 35% à la fin du siècle.

Les auteurs de l’étude concluent dans un article publié dans le journal Public Library of Science: Biology que le développement d’un réseau d’aires protégées pour les oiseaux dans les Tropiques serait la solution idéale pour éviter la disparition de centaines d’espèces.

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