On aimerait bien croire que la science est trop noble pour vivre ce genre de « désagrément », mais le plagiat, ça existe aussi. Quinze physiciens théoriques répartis dans quatre universités de Turquie ont vu leurs articles retirés des archives électroniques.

En tout, ce sont 70 articles qui ont dû être retirés du populaire « serveur de pré-publication » ArXiv, un serveur qui, comme son nom l’indique, sert à « entreposer » des recherches avant leur publication. C’est sans doute le plus grave incident du genre jamais survenu chez ArXiv depuis sa création en 1991, selon son créateur, le physicien Paul Ginsparg, de l’Université Cornell (État de New York).

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Celui dont le nom se retrouve sur le plus grand nombre d’articles retirés (40 sur 70), Mustafa Salti, étudiant au doctorat à l’Université technique du Moyen-Orient (METU) à Ankara, a déclaré les accusations « ridicules », alléguant que la plupart de ces articles ont été recensés par l’index des citations (science citation index) et que personne n’y avait vu jusque-là matière à accusations.

Selon la revue Nature, qui a tenté de rejoindre tous les auteurs impliqués, l’affaire aurait débuté en novembre 2006, lorsque M. Salti et un autre étudiant, Oktay Aydogdu, ont passé un examen oral en vue de l’obtention de leur doctorat. En dépit de leur déjà longue liste de publications en physique gravitationnelle, ils auraient eu du mal à répondre « à des questions de base, de niveau scolaire », comme « la mécanique newtonienne », selon les propos d’un professeur de METU, Ozgür Sariolu. De fil en aiguille, à la mi-février, les soupçons ont conduit à la découverte de dizaines d’articles sur ArXiv qui semblaient avoir été plagiés « en tout ou en partie ». C’est Paul Ginsparg qui, prévenu, a élargi la recherche.

Une difficulté à détecter de tels cas vient du fait que la plupart de ces articles tournent autour d’une théorie de la gravité peu connue, appelée la version Møller de la relativité générale. Peu de gens sont susceptibles de vérifier ces travaux, ce qui augmente les chances de succès d’un plagiaire, évalue Paul Ginsparg.

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