« La science-fiction se nourrit des mêmes vieux thèmes, tels que la puissance ou la mort. Les textes adoptent seulement un vernis scientifique au service de ces pulsions », affirme l’écrivaine Élisabeth Vonarburg qui participait à une table ronde sur « L’imaginaire et la science » dans le cadre de Métropolis Bleu, le festival littéraire international de Montréal tenu en avril dernier.
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L’évolution discrète de la science-fiction amorcerait même un recul face à la réflexion sur les sciences et technologies. Un rôle qu’elle tenait autrefois. « Les auteurs de science-fiction étaient comme les canaris des mines de la science. Leur chant a changé de ton. Ils ont même de la difficulté à imaginer le futur », relève Mario Tessier, également présent au festival littéraire. L’essayiste et auteur observe un déplacement de l’anticipation vers une science-fiction plus rétro, le boom du fantastique et l’impuissance d’écrire sur la singularité.
Cette « singularité », thème qui reviendra tout au long de la discussion, devrait être la fusion de l’homme et des machines, l’aube d’une nouvelle humanité. « Un mur que les écrivains ont bien du mal à percer », souligne Mario Tessier.
Métier : conseiller scientifique pour auteur en panne de décors
Les sciences et les technologies constituent d’indispensables outils pour forger une bonne histoire de science-fiction. Mais « l’écrivain s’intéresse avant tout aux personnages et au dénouement de l’intrigue », relève Élisabeth Vonarburg.
Quand vient le moment d’appliquer un « vernis scientifique crédible », Élisabeth Vonarburg conseille aux auteurs de science-fiction de se faire aider par les spécialistes. Ainsi, l’auteur de la saga de Tyranaël et de Chroniques du Pays des mères a révélé une collaboration nourrie avec Norman Molhant, également présent à Métropolis bleu. Le volubile « savant fou » que ses amis appellent « Gandalf Le Gris » - car il porte une barbe fournie – cache un écosystématicien féru de sciences diverses, de la biologie à la physique quantique.
Diplômé de chimie physique, l’informaticien et responsable en recherche et du développement, il est spécialiste d’une science qui s’appuie sur l’introduction des mathématiques et des statistiques en écologie. Il se livre aussi à une pratique peu connue des lecteurs, celle de conseiller scientifique pour les auteurs de science-fiction en mal de sciences. « On fait appel à moi lors de pannes de décor. Je les aide à introduire des concepts scientifiques, à rendre plausible des idées et vraisemblable l’usage de certaines technologies », explique Norman Molhant.





