On associe traditionnellement le cancer à quelque chose de défectueux. Or, ce sont peut-être des gènes tout à fait normaux qui sont responsables de la « bonne » croissance d’une tumeur.

Pourrait-on bloquer ces gènes? C’est la question qui se pose à présent que des généticiens ont annoncé avoir identifié des gènes « normaux » qui semblent liés à la croissance de certains cancers. Une question d’autant plus importante qu’elle ouvre la porte à un traitement ciblé : « éteindre » les gènes en question bloquerait les cellules cancéreuses, sans perturber les cellules saines des environs.

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Régler le problème à la source

Lorsque nous pensons cancer, nous pensons généralement au combat traditionnel : cherchez la tumeur et détruisez-la. Ces chercheurs-là ont suivi une autre piste, moins connue, mais tout aussi fructueuse depuis 10 ans : cherchez qui nourrit la tumeur.

Autrement dit, une croissance, pour se développer, a besoin d’être « nourrie » par des vaisseaux sanguins, et le processus par lequel de nouveaux vaisseaux se développent dans notre corps pour aller alimenter une tumeur, est de mieux en mieux connu. Au point où des généticiens, depuis des années, travaillent avec acharnement à identifier les gènes qui « ordonnent » aux vaisseaux sanguins d’aller nourrir la tumeur.

Ce qu’on n’attendait pas, c’est que des chercheurs nous annoncent que ces gènes malfaisants seraient en réalité tout à fait normaux —ce qui expliquerait, au passage, pourquoi des gens sont plus susceptibles au cancer que d’autres.

Il suffirait donc, en théorie, de désactiver ces gènes —des milliers de gènes, tout ce même, ce qui n’est pas rien— et les généticiens proposent, dans l’édition du 1er février de Science , une méthode pour les désactiver rapidement et pour « relativement » peu cher. Du moins, les premiers pas d’une méthode : reste à choisir lesquels parmi les fragments d’ARN seront les plus efficaces.

« Il faudra du temps pour distinguer lesquels sont les meilleures cibles pour un médicament, mais le plus important, c’est que nous les avons trouvés », résume Stephen Elledge, de l’Hôpital des femmes de Boston.

S’ils ont raison, l’annonce de cette semaine est le premier pas vers une nouvelle génération de médicaments anti-cancer, moins dommageables pour l’organisme et avec moins d’effets secondaires, puisqu’elle ciblerait avec une précision absolue les cellules cancéreuses.

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