Les défis « un mois sans alcool » sont toujours aussi populaires. Les raisons invoquées par les participants sont multiples : réfléchir à sa consommation, perdre des kilos, avoir plus d’énergie, donner une pause à son foie, mieux dormir, économiser de l’argent, se sentir mieux et soutenir une cause. Mais que dit la science des bienfaits pour la santé ?
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Meilleur bilan de santé
Une petite expérience menée en 2013 par le magazine britannique New Scientist avait fait couler beaucoup d’encre. Voyant que la littérature scientifique sur les bienfaits potentiels d’un mois sans alcool était inexistante, 14 journalistes s’étaient soumis à différents tests, dont des échographies et des prises de sang. Quatre d’entre eux avaient continué de boire comme à l’habitude et dix n’avaient pas consommé d’alcool pendant cinq semaines.
À la fin du défi, on pouvait observer, chez ceux qui n’avaient pas bu, une baisse moyenne de 16 % de leur glucose sanguin et de 5 % du cholestérol dans le sang. Les échographies de leur foie révélaient aussi une baisse de 15 % de graisse hépatique. En comparaison, le bilan sanguin de ceux qui avaient continué de boire n’avait pas changé.
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Les médecins qui supervisaient cette expérience, dont le Dr Kevin Moore, avaient été très étonnés d’observer des résultats aussi importants chez les participants, par ailleurs considérés comme des buveurs « normaux » selon les recommandations officielles.
Ce qui avait fait dire au chercheur que si quelqu’un avait un produit de santé qui arrivait à ces résultats en seulement un mois, il ferait de l’argent de façon phénoménale. Une boutade qui en dit long sur son opinion quant aux bienfaits, du moins à court terme.
L’équipe du Dr Moore a ensuite reproduit cette expérience sur un plus grand échantillon de personnes : 94 qui se sont abstenues de consommer de l’alcool pendant un mois et 47 qui n’ont pas changé leurs habitudes. Les résultats ont été publiés en 2018. Les participants qui ont respecté le mois sans alcool ont vu une amélioration de leur résistance à l’insuline, de leur pression sanguine et du fonctionnement de leur foie, et observé une perte de poids.
Perte de poids
En 2018, des chercheurs en psychologie de l’Université du Sussex ont suivi plus de 800 participants d’un défi sans alcool. Près de 60% d’entre eux ont dit que cela leur avait permis de perdre du poids. Dans une revue de littérature publiée en 2022, des chercheurs français ont confirmé que les participants à ce genre de défi étaient généralement nombreux à s’en réjouir.
Couper dans l’alcool représente en effet un déficit calorique qui peut se traduire en perte de poids... à condition bien sûr de ne pas compenser en buvant des boissons plus caloriques ou en mangeant davantage ! Par exemple, un verre de vin de taille standard peut contenir jusqu’à 158 calories, précise sur son site le National Health Service (NHS), le système de santé publique du Royaume-Uni. Par conséquent, consommer quatre bouteilles de vin par mois équivaut à 32 400 calories supplémentaires par année.
Meilleur sommeil
Dans leur étude de 2018, les chercheurs de l’Université du Sussex ont remarqué que 71% des participants au mois sans alcool disaient mieux dormir. Cette observation a été confirmée par les chercheurs français en 2022.
Même si plusieurs personnes utilisent l’alcool comme un moyen de s’endormir rapidement, il a en effet été clairement démontré que la qualité du sommeil en souffre, rappelaient des auteurs américains dans un article de 2018 portant sur l’alcool et le sommeil.
Moins de consommation
Les scientifiques de l’Université du Sussex ont noté que le fait de couper l’alcool pour un mois permettait de diminuer la consommation à long terme. En effet, quatre participants sur cinq se disaient en meilleur contrôle de leur consommation d’alcool et sept sur dix avaient réalisé qu’ils n’avaient pas besoin d’alcool pour passer un bon moment.
D’ailleurs, dans un article publié en 2016, la même équipe de chercheurs avait conclu que la participation au défi « un mois sans alcool » était associée à une attitude plus saine concernant la consommation d’alcool. Une revue de littérature réalisée en 2025 par des chercheurs du Rhode Island a confirmé ces conclusions.
Verdict
Un mois sans alcool semble avoir des bénéfices à court terme sur la santé - et possiblement à plus long terme. Il est établi depuis longtemps que l’alcool bu en excès cause des problèmes de santé. Alors si vous faites ce genre de défi et que vous recommencez à boire après un mois, n’oubliez pas la vieille maxime : la modération a bien meilleur goût !
Une première version de ce texte est parue en 2017. Les informations ci-dessus ont été mises à jour. Contribution à la recherche: Kathleen Couillard





