Je reviens rapidement sur deux des trois sujets de mon billet de la semaine dernière : mes déboires avec Facebook et la soirée de lancement de l’UPop Montréal ce soir. C’est d’ailleurs pour cette raison que je n’ai pas le temps de parler neuroscience directement aujourd’hui car j’ai encore plusieurs choses à faire pour préparer cette soirée qui aura donc lieu ce lundi 16 février au théâtre l’Espace Libre (1945 Fullum, Montréal) à compter de 19h. Je commence par vous en donner un bref aperçu.
Après quelques mots sur l’UPop pour introduire la soirée, chaque prof donnant un cours lors de la prochaine session d’hiver-printemps viendra nous le présenter en quelques minutes. Par la suite on dévoilera les résultats d’un sondage auprès de la population québécoise sur son adhésion à plusieurs propositions liées au mouvement de la décroissance. Pour commenter les résultats du sondage, on a pensé inviter trois personnes de différents groupes « de gauche » de leur point de vue et de celui de leur collectif ou parti. Après gestion des imprévus de dernière minute, ces trois personnes seront finalement : Karine Cliche (QS-Le partie de la rue), Céline-Audrey Beauregard (Projet Montréal). et Cassandre Charbonneau-Jobin, citoyenne et militante aguerrie de la mobilisation 6600. Et la soirée sera animée par Sophie Turri, membre de Polémos, le groupe de recherche sur la décroissance ayant commandé le sondage (Yves-Marie Abraham qui devait animer la soirée a dû se rendre en France pour des raisons familiales).
Comme mentionné la semaine dernière, les clubs de lecture de « Notre cerveau à tous les niveaux » vont se poursuivre, avec le prochain le jeudi le 26 février, à 19h, au Café des arts du Marché Bonsecours (390 Rue Saint-Paul E #200). Mais il y aura aussi un cours intitulé « Co-construire la neuroscience, bien au-delà du cerveau » dont la première de ses quatre séances va commencer juste une semaine après le lancement, le mardi 24 février. Même chose pour le cours Politiques de la démission: s’engager par le refus, qui commence le 25 février. Mais là j’arrête, je suis en train de dévoiler trop de scoops !
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Pour ce qui est de ma saga avec Facebook, si vous ne l’avez pas suivie, je vous renvoie à ces deux articles dont les titres à eux seuls résument un peu ce qui s’est passé : Pourquoi la page Facebook verrouillée du Cerveau à tous les niveaux motive mon réseautage, en particulier hors des GAFAM et Perspectives à court, moyen et long terme suite au verrouillage puis la fermeture de mes comptes Facebook. Vous remarquerez que ces deux textes se trouve sur la plateforme En Commun dont je vous ai dit la semaine dernière tout le bien que j’en pensais. D’abord parce que c’est une initiative québécoise gratuite mais non orientée vers le profit. Ça veut dire que contrairement à tous les réseaux sociaux des GAFAM, vous n’êtes pas le produit que vont s’arracher la pub des grosses compagnies. Au contraire, comme son nom l’indique, En Commun est entièrement construit autour de l’idée du partage et de la mise en commun des connaissances. Un thème d’ailleurs central de l’approche décroissanciste, ce qui amène, en tout cas pour moi, un sentiment de cohérence fort agréable !
Je suis encore en train d’explorer la plateforme ce qui m’a amené d’ailleurs la semaine dernière à créer un groupe « Cerveau à tous les niveaux » qui est actuellement ce qui correspond le mieux à mon ancienne page Fb du Cerveau à tous les niveaux. J’y déposerai donc chaque semaine une copie de mon billet de blogue, où vous pourrez éventuellement j’en suis sûr ( !) allez y participer aux discussions, chose très facile avec ces groupes car En Commun a d’abord été conçu pour mettre en relation des groupes (communauté d’intérêts, de pratique, etc.) qui oeuvrent sur le terrain surtout au Québec. Mais surtout, d’ici quelques mois, on pourra y suivre sur son fil d’actualité des individus exactement comme dans Fb, ce qui manquait encore sur cette plateforme. Pour ma part, je me suis donc déjà créé un compte et j’attends avec impatience la fonctionnalité du fil d’actualité individuel, qui sortira en plus avec la fonctionnalité Babillard (l’équivalent des événement Fb), pour en faire une promotion plus active. Et je vous dirais que ça m’excite beaucoup et donne un sens à mes mésaventures avec l’un de ces monstres gafamiens froids et de plus en plus merdiques.
D’ailleurs, autre retombée positive de toute cette histoire : j’apprends de nouveaux mots, comme La merdification, ou emmerdification (du terme anglais enshittification) ! Selon Wikipédia, il s’agit de « la dégradation de qualité qui affecte progressivement les plateformes numériques qui opèrent sur un marché biface, par exemple celles qui mobilisent à la fois des utilisateurs et des annonceurs. »
Je vous laisse avec la très intéressante analyse qu’a fait celui qui a décrit le premier le phénomène il y a quelques années, l’écrivant Cory Doctorow pour qui :
« le phénomène comme un processus linéaire en quatre étapes : au départ, les plate-formes numériques (en) servent les intérêts de leurs utilisateurs, qui en deviennent dépendants[7]. Elles fournissent un produit ou service utile, à perte[13].
Elles utilisent ensuite ces utilisateurs pour servir les intérêts de leurs entreprises clientes[7], fournissant les informations de leurs utilisateurs aux fournisseurs, à perte[13].
Dans la troisième phase, les plate-formes profitent de ces deux catégories de clients, devenus captifs, pour servir leurs propres intérêts[7]: les surplus sont distribués aux actionnaires. Dans cette phase, les entreprises merdifiées n’ont plus aucune raison de proposer un service de bonne qualité : elles ont un monopole des services et un monopsone pour les clients, avec un coût de sortie élevé[13]. Pour Doctorow, cette phase se caractérise par l’ajustement permanent des paramètres du système dans le seul objectif de rapporter plus d’argent[14].
Les entreprises finissent par disparaître dans la phase finale, quand les coûts de sortie des clients captifs cessent d’être prohibitifs, par exemple si une alternative émerge[7]. »
Pour ma part, je ne dis pas qu’En Commun va mettre à genoux Facebook, mais c’est clairement une voie de sortie émergente qui nous permettraient, collectivement, de nous sortir de cette merde…





