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Dans plusieurs régions du monde, le déclin de nombreuses populations d’oiseaux ne fait plus de doutes, mais les causes restent difficiles à identifier. Dans une nouvelle étude, des chercheurs associent les régions d’Amérique du Nord où le déclin s’accélère le plus, avec celles abritant de l’agriculture intensive.

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Rappelons qu’on identifie par ce terme le modèle agricole visant à maximiser les rendements sur des surfaces limitées: ça peut se faire par la mécanisation, des semences à haut potentiel génétique, l’abondance d’engrais ou de pesticides, au détriment des impacts environnementaux. 

Les chercheurs en écologie et en sciences de l’environnement de l’Université d’État de l’Ohio auteurs de la nouvelle étude prennent la peine de préciser qu’il s’agit d’une corrélation, et non d’une relation de cause à effet : parce que le terme « agriculture intensive » est très large, il est impossible de prouver laquelle ou lesquelles de ces activités serait responsable de l’accélération du déclin des oiseaux.

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Néanmoins, ce n’est pas la première fois que cette corrélation est faite, que ce soit en Amérique du Nord ou en Europe. Qui plus est, il est certain que si les populations d’insectes diminuent à cause des pesticides utilisés en agriculture, les oiseaux qui se nourrissaient de ces insectes vont en souffrir.  

Au point où on peut minimalement parler de l’agriculture intensive comme d’un facteur prédictif, c’est-à-dire une chose dont la présence permet de prédire la plus grande probabilité d’une autre —dans ce cas-ci, le déclin des populations d’oiseaux, voire le déclin accéléré.

Les chercheurs se sont appuyés sur un recensement annuel des oiseaux réalisé par des biologistes et des ornithologues amateurs (North American Breeding Bird Survey) en remontant jusqu’au début des années 1990. Parmi les 261 espèces étudiées, la baisse du nombre d’oiseaux était d’au moins 15%, avec un déclin « significatif » chez 122 espèces et une accélération du déclin chez 63 d’entre elles —dont le Carouge à épaulettes (Agelaius phoeniceus) et le Roselin familier (ou Roselin du Mexique). Leur étude est parue le 26 février dans la revue Science

Une étude en 2019 avait estimé à 2,9 milliards le déclin de la population entre 1970 et 2017, soit une baisse de 29%. Mais l’écart avec la nouvelle étude pourrait être dû au fait que celle de 2019 commençait plus loin dans le passé. 

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